L’abbaye de Longues
Parmi les nombreuses abbayes normandes, l’abbaye de Longues est l’une des moins connues et pourtant ses vestiges sont parmi les mieux conservés et les plus intéressants.
L’abbaye Sainte-Marie de Longues. Vestiges de l’église abbatiale. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Cette petite abbaye du Bessin est située en contrebas du plateau dominant la mer et le « chaos de Longues » du haut des falaises où s’incruste la batterie de Longues liée à une histoire plus récente et qui draine chaque saison des milliers de touristes ignorant la présence proche de l’abbaye.
Celle-ci a ainsi été judicieusement construite dans un site bien protégé des vents venus du large. Elle a été fondée en 1168 par Hugues Wac, chevalier issu d’une famille du Bessin, dont l’un des ancêtres, Geoffroy Wac, avait fondé le prieuré proche de Saint-Gabriel. Avec sa femme Emma, Hugues Wac, donne alors la terre sur laquelle l’abbaye est bâtie et fait plusieurs autres donations, mentionnées dans les chartes du monastère, pour fonder ici une abbaye de l’ordre bénédictin, fille de l’abbaye de Hambye (dont viendront les moines) dans le diocèse de Coutances, et dédiée à Sainte Marie. Ces donations seront confirmées par Henri II, roi d’Angleterre et duc de Normandie. Baudouin, fils du fondateur, confirmera ces donations. Le roi Henri II et nombre de seigneurs normands et anglais enrichissent cette abbaye1. Guillaume Ier est le premier abbé, Foulques lui succède puis Martin qui gouverne en 1190. Guillaume, prieur de Saint-Vigor près de Bayeux, cédera à ce dernier la chapelle de Fumichon, à Longues. L’abbé Martin soutiendra un procès avec l’abbé de Saint Sever, au sujet de Saint-Aubin-des-Vaux. Ce procès se terminera devant l’évêque de Bayeux en 1208, peu de temps après l’annexion de la Normandie au royaume de France.
Lithographie d’Adolphe Maugendre publiée en 1862-1865 dans Bayeux et ses environs. Nous voyons ici la porterie du XIIIe siècle. La porte piétonne est surmontée d’une niche abritant une statue de Saint-Jacques. On aperçoit le chœur muré de l’église dans le fond puis, vers la droite, le logis abbatial avec sa tour d’escalier du XIVe siècle et sa façade remaniée au XVIIIe siècle. Sur la droite se dresse le pignon ouest du « Palais » abbatial. On remarque en haut du mur de la porterie les trous bouchés des poutres qui portaient l’auvent disparu. (© Patrimoine Normand)
Il reste encore quelques vestiges des premières constructions du XIIe siècle. Pour l’église abbatiale, le mur oriental (bouché en 1640) de la tour lanterne portant deux baies murées, et la trace du pignon de l’ancien chœur, plus bas que l’actuel – Pour les bâtiments conventuels, dans le bâtiment à l’ouest de l’ancien cloître (actuel logis) des pièces voûtées d’arêtes, probablement à usage de cellier, au rez-de-chaussée, avec des chapiteaux à godrons dans l’une d’elles, et sa corniche d’origine du côté de l’ancien cloître.
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Notes
- Les deux chartes de fondation de l’abbaye se trouvent dans le Gallia Christiana qui donne la liste des abbés de Longues. L’analyse de ces chartes, déposées aux archives du Calvados faite par Lechaudé-d’Anisy dans le tome VIII des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, fournit de nombreux renseignements sur les diverses donations.
