Patrimoine Normand

Les paysages de Jumièges

À un patrimoine bâti d’exception, Jumièges allie des paysages d’une grande force. Depuis la vallée morte de l’Austreberthe, au nord, jusqu’aux contreforts du Roumois, sur la rive sud de la Seine – la rive gauche – l’implantation des structures d’occupation s’est nourrie des sujétions à la topographie comme des contraintes de l’Histoire. Dans cette organisation, rien n’est fortuit.

Les paysages de Jumièges.

Les paysages de Jumièges. (Photo Éric Bruneval © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 15 mai 2026 à 12:03 Par
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La construction en est d’abord historique

Le méandre – la boucle, la presqu’île – de Jumièges est bordé sur trois côtés par le fleuve qui longe des falaise et des coteaux abrupts à l’ouest et à l’est et irrigue un large marais au sud ; il est coupé au nord par la vallée morte de l’Austreberthe. S’appuyant sur l’ancienne con­fluence de cette rivière, des hommes édifient un premier retranchement au Bronze final (vers 1200 – 900 avant J.-C.). Un habitat semble s’être développé à proximité mais rien ne prouve que ce rempart ait été très étendu.

Aux deuxième et premier siècles avant Jésus-Christ, les Gaulois élèvent un nouveau retranchement, à l’emplacement même du premier, ruiné. Edifié au sommet du coteau sud de la vallée fossile de l’Austreberthe, il coupe toute la presqu’île, fortifiant un vaste territoire au moyen d’un talus de 2,5 km. Deux entrées au moins permettent de le franchir : une entrée principale à l’ouest, une entrée secondaire à l’est, par un chemin qui longe le sommet de la falaise. A l’extrémité méridionale de ce chemin s’est implantée une nécropole au premier siècle avant Jésus-Christ.

Bac de Jumièges.

Bac de Jumièges. (Collection Parc de Brotonne, photo Huon, Caudebec-en-Caux)

Seuls de rares indices d’occupation des deux premiers siècles, au sud et sur le marais actuel témoignent de l’époque gallo-romaine. Le territoire est totalement à l’abandon à la fin du Bas-Empire et passe aux mains des rois mérovingiens, par l’application du code théodosien sur les terres vacantes et désertées.

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