PATRIMOINE NORMAND

La Renaissance normande

L’apogée culturelle du XIe siècle

La Renaissance évoque immédiatement le quattrocento, les châteaux de la Loire, la redécouverte de l’Antiquité, un renouveau dans les domaines artistique, littéraire et scientifique. Pourtant, ce mot s’applique aussi à d’autres périodes de notre histoire : il y eut précédemment une renaissance carolingienne et, plus ignorée, une renaissance romane, et singulièrement normande, qui connut son apogée au XIe siècle et se prolongea jusqu’à la fin du XIIe avec un rayonnement qui n’a rien à envier à celui de la Rinascita. Une conséquence des invasions vikings et de la dynastie ducale qui s’ensuivit.

Abbatiale Saint-Étienne de Caen. La nef de Saint-Étienne dans sa simplisme majesté. Elle est restée romane jusqu’à la croisée du transept. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Abbatiale Saint-Étienne de Caen. La nef de Saint-Étienne dans sa simplisme majesté. Elle est restée romane jusqu’à la croisée du transept. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 10 décembre 2025 à 10:15 Par
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Architecture et sculpture : l’art de la pierre

Comme souvent quand il s’agit du Moyen Âge, ce mouvement est intimement lié à l’Église. Victimes des incursions scandinaves pendant des dizaines d’années, les monastères se retrouvent brûlés, en ruines, dévastés, désertés. Une fois fieffés par Rollon, convertis au dieu des autochtones, en voie d’intégration, les anciens Vikings doivent reconstruire sur une terre quasi vierge tout ce qu’ils ont détruit, conscients de la prépondérance du culte chrétien dans la société occidentale qui est à présent la leur. Avant que les Normands créent leur propre style, il faudra plus d’un siècle et beaucoup de tâtonnements.

Car on ne sait plus bâtir. L’art carolingien a certes laissé des souvenirs dont on voit encore des témoignages à Saint-Pierre de Jumièges, Saint-Germain de Querqueville ou Saint-Saturnin de Fontenelle1, mais si la volonté est là, il manque les moyens humains et financiers, autant qu’un savoir-faire. En outre, les moines ont fui partout en Europe. Pourquoi construire des abbayes qui seraient des déserts ? En revanche, un essor démographique se fait jour, héritier des traditions prolifiques scandinaves. Des paroisses sont fondées. La Normandie a besoin d’églises, de pieuses vocations vont naître.

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