La flèche de Notre-Dame de Rouen :
un destin exceptionnel
Le plus célèbre monument historique rouennais est actuellement en cours de restauration. Cette campagne de travaux s’inscrit dans une longue histoire patrimoniale, et représente une nouvelle étape dans une spectaculaire aventure architecturale et humaine.
La cathédrale de Rouen au crépuscule, vue du côté de la Cour d’albane, avant les travaux de restauration de la flèche. (© Serge Van Den Broucke)
En 1818, en Angleterre, deux intellectuels passionnés de livres se rencontrèrent pour conclure un accord. Le premier était le comte George John Spencer, un politicien fortuné dont la bibliothèque personnelle renfermait des dizaines de milliers de volumes. Le second était Thomas Frognall Dibdin, bibliographe réputé dont les travaux faisaient autorité. Spencer proposa à Dibdin de l’envoyer sur le continent afin de rechercher et d’acquérir des ouvrages pour compléter sa collection, offre qui fut acceptée avec enthousiasme. Commença alors un long périple que Dibdin décrivit dans son célèbre récit Bibliographical, antiquarian and picturesque tour in France and Germany (Tour bibliographique, antiquaire et pittoresque en France et en Allemagne), publié en 1821.
Il y consacra de nombreuses pages à la Normandie et, dans la description détaillée qu’il fit de la cathédrale de Rouen, il nota : « La tour sud-ouest demeure, ainsi que la partie haute de la tour centrale, avec l’ensemble du haut clocher à ossature bois. Si l’on considère que cette flèche est très élevée, et faite de bois, il est surprenant qu’elle n’ait pas été détruite par la tempête, ou par la foudre. Son style en est plus capricieux que beau ». Cette remarque était tragiquement prémonitoire car un an plus tard, le dimanche 15 septembre 1822 à cinq heures du matin, au cours d’un orage épouvantable, le feu du ciel s’abattit effectivement sur la flèche, la réduisant en cendres dans un fracas terrible de poutres effondrées et de vomissures infernales de métal fondu jaillies des gargouilles grimaçantes.
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