PATRIMOINE NORMAND

Marie-Élisabeth Joly

Un monument du théâtre français

Au pays de Falaise, dans la commune de Soumont-Saint-Quentin, s’élève le Mont-Joly, perché par-dessus l’à-pic de la Brèche au Diable. C’est là que repose, dans un tombeau monumental, une « star » du dernier quart du XVIIIe siècle : Marie-Élisabeth Joly.

Le tombeau de Marie Joly, merveille perchée au faîte de la Brèche au Diable. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Le tombeau de Marie Joly, merveille perchée au faîte de la Brèche au Diable. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 20 novembre 2025 à 13:11 Par
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Marie est née à Versailles le 8 avril 1761. Son père, Thomas Jolly (avec deux « l »), quincaillier, doit hélas fermer boutique et rejoint son épouse Élisabeth, danseuse figurante à la Comédie-Française. Le voilà devenu costumier de théâtre et voici projetée, poussée sur la scène, Marie, sept ans et toutes ses dents. Dès le premier envoi, dans le petit rôle de Louison du Malade Imaginaire, elle fait vibrer les spectateurs ! C’est alors que commence une carrière qui va la mener, étoile filante, des planches du Français aux scènes de Normandie. Car « La » Montansier, grande entrepreneuse de spectacles, la remarque et l’engage pour une tournée sous nos cieux. Pour Marie, habituée du public parisien, le choc est puissant et le changement salutaire : on ne réagit point à Rouen, Caen, Le Havre ou Alençon comme dans la capitale. On y préfère la simplicité efficace aux subtilités en orbes. Une histoire d’amour commence avec la Normandie et le sémillant Nicolas Fouquet-Dulomboy, capitaine de cavalerie des gendarmes d’Artois. À vingt ans, Marie épouse l’un et se fait adopter par l’autre.

De Soumont-Saint-Quentin aux Tuileries

Nicolas a des relations : n’est-il pas le descendant du surintendant Fouquet ? Cornaquée par lui, poussée par ses camarades de la Comédie-Française, la talentueuse Marie intègre le célèbre théâtre. Notre actrice, au « charme piquant », y joue des Nérine, des Dorine, des Martine, jusqu’à la Cour, où la reine Marie-Antoinette la remarque. En dépit de sa santé fragile qui, un jour, l’emportera au firmament des comédiennes, Marie enchaîne les rôles de soubrettes.

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