PATRIMOINE NORMAND

Alphonsine Plessis

La « Dame aux camélias »

Née dans la misère la plus noire à Nonant-le-Pin, Alphonsine Duplessis allait devenir, sous le nom de Dame aux Camélias, l’une des figures les plus fascinantes du Paris romantique. Courtisane adulée, muse d’Alexandre Dumas fils, et héroïne immortalisée par Verdi, elle incarne ce destin fulgurant où la beauté, l’amour et la tragédie se consument en quelques années seulement.

La « Dame aux camélias ». (© DAO Patrimoine Normand)

La « Dame aux camélias ». (© DAO Patrimoine Normand)

Mis à jour le 25 mars 2026 à 18:27 Par
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Nonant-le-Pin, août de 1838

Si j’avais vécu à son époque, j’aurais sans doute été très amoureux, moi aussi, d’Alphonsine Plessis, de cette Normande de l’Orne qui commence sa vie en 1824 dans une pauvre bicoque de Nonant-le-Pin, au fond de laquelle elle a d’ailleurs failli mourir quand elle était encore une gamine ! Parce que, un soir du mois d’août de 1838, revenant parfaitement ivre de la foire de Gacé, son père, Martin Plessis, un colporteur un peu louche, a eu l’idée saugrenue de mettre le feu à la maison ! Tout en sachant que sa fille y dormait ! Sans l’intervention d’un cocher qui passait heureusement par là, la petite Alphonsine n’aurait donc jamais brûlé que d’un seul feu. Dans un premier temps, elle va se réfugier chez un cousin. Un peu de paille dans le fond d’une étable. Et puis, trouvant qu’à quatorze ans elle était très jolie à regarder, ce cousin-là va quasiment la vendre à un forain de passage, un vieillard de Saint-Germain-de-Clairefeuille, un barbon libidineux.

Alors elle se sauve, Alphonsine, et on la rencontre bientôt à Paris, où elle déniche du travail chez un marchand de fruits ou chez une modiste. Ce qui est sûr c’est que tout le monde s’accorde à la trouver très mignonne et de plus en plus coquette, la jeune fille de Nonant-le-Pin. Et de coquette, elle va devenir coquine ! Au point qu’elle va bientôt rendre fou amoureux d’elle tous ceux qui vont la croiser : un restaurateur du Palais-Royal, par exemple, ou un contrôleur des impôts ou encore un ministre des Affaires étrangères de l’Empereur Napoléon III, en la personne d’Agénor, duc de Guiche et futur duc de Grammont.

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