Jean Gabin,
paysan normand
28 juillet 1962 : sept cents agriculteurs surexcités envahissent la propriété de Jean Moncorgé, alias Jean Gabin, dans l’Orne. Ils lui reprochent de ne pas louer ses terres à ses voisins pour qu’ils les exploitent. Frappé au cœur de sa passion pour l’élevage, l’acteur ne s’en remettra jamais.
Gabin dans son rôle de paysan normand. Les vaches aussi sont normandes. (© Coll. Famille Moncorgé-Gabin)
Le coup avait été monté avec minutie. À 4 heures et demie du matin, le reflet des phares dans l’armoire à glace éveille le régisseur de La Pichonnière, la ferme de Jean Gabin. Il va à la fenêtre et, comprenant immédiatement de quoi il s’agit, prévient les employés en leur disant de protèger les chevaux, et traverse les herbages pour réveiller Gabin qui est seul dans sa maison, sans sa famille.
Pendant ce temps, les manifestants remontent le chemin. La propriété est cernée, les lignes téléphoniques coupées. Comme dans une scène de western, conduits par un certain Pottier, qui possède 70 ha de bonne terre, douze meneurs syndicaux escaladent les murs et pénètrent dans la demeure où le maître des lieux les attend. Celui-ci désigne ses biens par un mouvement du bras. Il est cinq heures, le jour commence à poindre sur la Pichonnière.
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