Nonant-le-Pin
La Normandie, terre de déchets ?
On connaît la Normandie, terre du cheval. Il va falloir prendre en compte l’implantation au cœur de l’Orne verte d’un site d’enfouissement de déchets automobiles et industriels. Au beau milieu des haras les plus prestigieux.
GDE (Guy Dauphin Environnement) veut implanter à Nonant-le-Pin (Orne) un immense centre de broyage et de stockage de déchets automobiles. (© Thierry Georges Leprévost)
L’affaire traîne depuis 2006, quand Guy Dauphin Environnement (GDE) jette son dévolu (selon lui pour des raisons géologiques) sur des terrains de Nonant-le-Pin, afin d’y implanter sa nouvelle unité. Le libellé est attractif, il sent bon la chlorophylle et le développement durable : ce sera une « plateforme environnementale ». En fait, sur 170 hectares vendus trois fois leur prix par leurs propriétaires (dont certains élèvent des chevaux), il s’agit du plus grand centre européen de recyclage. 90 000 tonnes de déchets ultimes y seront stockés chaque année, et 60 000 tonnes de résidus industriels, soit 2,34 millions de tonnes pendant les 16 années d’exploitation envisagées ; de quoi séduire une partie de la population locale, car 15 à 20 emplois sont suspendus à la clé de la double barrière à écharpe (on ne peut pas faire plus normand !) qui barre déjà l’entrée du site.
De l’autre côté, des inquiétudes. Juste derrière le cimetière, le terrain n’est à vol d’oiseau qu’à 600 mètres du clocher de Nonant ; les propriétaires de maisons craignent un effondrement de la valeur de leurs biens. La noria de camions qui assurera le trafic des déchets empruntera la route Rouen-Alençon, très rapide, très fréquentée et potentiellement génératrice d’accidents. L’enfouissement des déchets pourrait menacer les eaux de ruissellement de cette zone où coulent trois rivières : l’Ure et la Dieuge qui se jettent dans l’Orne. Et que dire de la profusion de haras privés qui entourent les lieux ? À six kilomètres du Haras National du Pin, ce ne sont qu’élevages de Trotteurs et de Pur Sang, prairies et pistes d’entraînement ; ici plus qu’ailleurs la région vit du cheval ; le secteur équin est même en croissance permanente, un exploit en ces temps de crise.
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