PATRIMOINE NORMAND

Le Havre-Graville

Il était une fois l’abbaye

Avec sa Vierge noire dressée à proximité, ses jardins fleuris et son cimetière patrimonial, l’abbaye de Graville est un peu la « Bonne Mère » des Havrais. Depuis près de 1 500 ans probablement, perchées sur un promontoire vertigineux, les occupations religieuses se succèdent ici et paraissent veiller sur l’estuaire de la Seine. Dans leur cadre verdoyant, l’ancien sanctuaire, merveille de l’art roman normand, les salles basses voûtées et les bâtiments conventuels, forment un ensemble « so romantic »…

Abbaye de Graville. L’ancien établissement religieux occupe une situation assez exceptionnelle, au sommet de la falaise morte dominant l’estuaire. (© Stéphane William Gondoin)

Abbaye de Graville. L’ancien établissement religieux occupe une situation assez exceptionnelle, au sommet de la falaise morte dominant l’estuaire. (© Stéphane William Gondoin)

Mis à jour le 24 mars 2026 à 11:41 Par
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Élisabeth Leprêtre, conservatrice en chef des musées d’Art et d’histoire du Havre, est formelle : « Graville a brûlé en 1787 et la plupart des archives se sont volatilisées. Mais tous les indices encore en notre possession laissent entrevoir un établissement d’importance aux mains des génovéfains1 aux XVIIe et XVIIIe siècles, des chanoines réguliers réputés pour être de grands intellectuels. Si le site fut bien un prieuré au cours de son histoire, il est mentionné comme une abbaye sur de nombreux plans anciens et le vide de documentation laisse penser que l’appellation d’abbaye paraît justifiée. »

De lointaines origines

L’histoire de Graville dans les temps les plus lointains se restitue à partir d’un faisceau d’indices, plus qu’elle ne s’écrit sur la base de pièces incontestables. Il est possible que des ermites en soient les premiers occupants dès l’époque mérovingienne. Selon la très ancienne Vie de saint Vigor, cet évêque de Bayeux actif durant la première moitié du VIe siècle, se lance dans l’évangélisation de la pointe de Caux et y fonde deux monastères. La présence sur place d’abris sous roche et les liens étroits semblant unir le lieu au diocèse de Bayeux, laissent penser que Graville pourrait être l’un d’entre eux.

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