PATRIMOINE NORMAND

La colonisation de la Normandie par les Vikings

Le 11e centenaire de la fondation de la Normandie a démarré avec retard, alors qu’un événement aussi considérable aurait dû être mis en route plusieurs années auparavant. Mal pris en compte aussi, le souvenir des principaux acteurs de l’événement : les Vikings. Quelques rappels essentiels.

Cette illustration, tirée de la BD L’Epte 1. Le sang de Rollon, nous montre la flotte d’Ásgeir remontant la Seine à la rame en 851, avant le raid sur Beauvais. Le paysage est bien évoqué avec les falaises au nord et la rive basse au sud. Cependant, erreur du dessinateur, les proues à têtes de dragons auraient dû être retirées avant l’entrée dans l’estuaire de la Seine (appelée Signa par les Vikings) pour ne pas effrayer les landvaettir, les bons esprits (ou génies) de la terre. (© Assor BD)

Cette illustration, tirée de la BD L’Epte 1. Le sang de Rollon, nous montre la flotte d’Ásgeir remontant la Seine à la rame en 851, avant le raid sur Beauvais. Le paysage est bien évoqué avec les falaises au nord et la rive basse au sud. Cependant, erreur du dessinateur, les proues à têtes de dragons auraient dû être retirées avant l’entrée dans l’estuaire de la Seine (appelée Signa par les Vikings) pour ne pas effrayer les landvaettir, les bons esprits (ou génies) de la terre. (© Assor BD)

Mis à jour le 12 novembre 2025 à 20:30 Par
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On entend parfois que les Vikings fondateurs de cette Normandie en 911, n’auraient été que quel­ques centaines – on entend même le chiffre de 200 à 300, pourquoi ? Et ils se seraient très vite fondus dans la po­pulation locale. Après les excès du XIXe siècle évoquant la « table rase », la terreur suscitée par les raids vikings ayant engendré, après les massacres, une fuite des populations autochtones dans ce qui deviendra la Normandie. Il y a long­temps que cette vision a été abandonnée, pour tomber dans un autre excès, très minimaliste mais tout aussi ridicule, comme nous allons le voir.

Précisons tout d’abord que les raids ont tout d’abord touché la vallée de la Seine qui a été pillée systématiquement depuis le premier, le 12 mai 841, mené par Àsgeir, jusqu’au Pacte de Jumièges, vers 890. À partir du grand fleuve, des raids sont aussi menés en remontant les rivières qui y aboutissent, dont l’Eure, jusqu’à Évreux mais aussi au-delà, jusqu’à Chartres. Les travaux remarquables de Jacques Le Maho, archéologue mais aussi historien, ont montré qu’en 887 le roi Eudes avait repris un certain contrôle du secteur de la Basse Seine mais en regroupant les populations locales, principalement les artisans, utiles pour le fisc, dans des cités refuges. Ce sont d’anciennes villes fortifiées au Bas Empire : Lillebonne, Evreux et surtout Rouen. Tous les sites habités de la vallée de la Seine, en aval de l’Andelle, sont alors totalement éva­cués.

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