PATRIMOINE NORMAND

Bière – Louée soit la Saint-Wandrille

« Ils seront moines s’ils vivent de leurs mains » : en l’abbaye bénédictine de Saint-Wandrille, à Rives-en-Seine, on respecte la règle de saint Benoît… en y brassant la seule bière monastique française. Si délectable qu’on en entrevoit le ciel…

Autour de frère Jean-Charles, abbé de Saint-Wandrille, vingt-fuit frères, de frère Antoine (24 ans) à frère Joseph (93 ans), frère Mathieu étant l’un des trois brasseurs de cette lumineuse bière… à sublimer le ciel ! (© Jean-Luc Péchinot)

Autour de frère Jean-Charles, abbé de Saint-Wandrille, vingt-fuit frères, de frère Antoine (24 ans) à frère Joseph (93 ans), frère Mathieu étant l’un des trois brasseurs de cette lumineuse bière… à sublimer le ciel !  (© Jean-Luc Péchinot)

Mis à jour le 16 novembre 2025 à 00:21 Par
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Cette abbaye-là a de la bouteille ! Pas loin de quatorze siècles… Initialement baptisée Fontenelle, du nom du ruisseau arrosant ce charmant vallon normand ancré à la Seine, entre Rouen et Le Havre, l’abbaye de Saint-Wandrille nous ramène en effet au temps du bon roi Dagobert, le dit Wandrille étant l’un de ses ministres, avant de venir s’installer là en 649. Les soubresauts de l’Histoire n’épargneront pas ce monastère de la congrégation de Solesmes qui, des incursions vikings aux guerres de Religion, connut saccages et destructions, la vie monastique ayant toujours repris. Plus d’une trentaine de ses moines furent même canonisés. Devenue l’un des centres intellectuels les plus actifs de la Normandie médiévale, l’abbaye initia celle du mont Saint-Michel, réformée en 966.

La Révolution fut évidemment fatale à la communauté et à ces bâtiments séculaires, vendus au titre de bien national à un affairiste qui lança la destruction de l’abbatiale gothique. Victor Hugo, qui passa par là, s’en émut, évoquant « Saint-Wandrille, auge magnifique où s’ébat un hideux pourceau dévastateur nommé Lenoir ». Contraints de s’exiler en Belgique, les moines n’en revinrent pas moins se réinstaller en 1931 autour du cloître gothique, miraculeusement préservé. Mais il fallut attendre la fin des années soixante pour que l’église en ruines soit remplacée par une nouvelle abbatiale, une grange seigneuriale de l’Eure ayant été déplacée pierre par pierre.

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