Les toiles de Hambye
Parmi les différentes productions dites aujourd’hui « d’art populaire » que pouvait compter le département de la Manche au début du XIXe siècle, les toiles peintes d’Hambye restent fort mal connues du fait de leur rareté et du peu d’intérêt qu’elles ont suscitées auprès des auteurs, vraisemblablement par manque de données. Essayons de cerner globalement cette production réservée exclusivement à l’ameublement, dont seuls quelques exemplaires sont visibles dans certains musées bas-normands.
Bandeau festonné de façade, à fond noir. À noter les assemblages de toiles avant peinture. (Photo Musée de Normandie, Eddy Voisin/Studio Harmonie.)
Les sources documentaires
À priori, seuls trois auteurs du centre Manche se sont intéressés au sujet en publiant de courts articles destinés à paraître dans les comptes rendus de sociétés savantes, ou plus récemment dans une publication de vulgarisation sur le Cotentin.
Le premier, Jean Seguin, archiviste secrétaire de la Société d’Archéologie d’Avranches, publie en 1938 dans « Arts Populaires » un article intitulé « Tentures de lits en draps peints », et fonde ses écrits sur sa rencontre avec une demoiselle Jourdan, arrière petite-fille de l’illustre peintre manchois. Le second, l’incontournable Docteur Stephen-Chauvet, dans sa « Normandie ancestrale », traite aussi du sujet, sans approfondir pour autant, reprenant en partie le texte de J. Seguin. Il faudra attendre 1977 pour qu’un article que l’on doit à E. Beck (Le Cotentin), apporte un nouveau regard sur l’utilisation de ces toiles et leur registre décoratif, à partir de la collection de tentures exposées à l’abbaye d’Hambye.
Toile à fond noir à motif central. Il s’agit d’un ciel de lit présenté dans toute sa largeur. (Collection privée)
Les origines
Si l’on en croit Jean Seguin, qui a rencontré l’arrière petite-fille du peintre, il semble que ces toiles ne soient principalement l’œuvre que d’une seule famille d’Hambye, les Jourdan, qui était composée de quatre enfants, Arsène, Joséphine, Zéphrine et Ursule. Ces derniers, qui s’employaient vers 1820 à transformer la cire d’abeille, eurent, un jour l’idée de peindre sur toiles des bouquets rustiques aux couleurs chatoyantes, destinées à décorer l’intérieur des lits et apporter une touche de couleur dans des ensembles pour la plupart austères. Cette mode qui dura environ une trentaine d’années, se répandit principalement dans les campagnes limitrophes, cantons de Gavray, Percy et Villedieu.
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