La Faïence normande au XVIe siècle : la fabrique Abaquesne
1re partie
Natif du Cotentin, Masséot Abaquesne (vers 1500-avant 1564) symbolise l’art de la faïence poussée à un haut degré de technicité et de recherches stylistiques. À travers les collections du Musée municipal de Bernay et du Musée de la Céramique de Rouen, nous allons parcourir cette extraordinaire production, témoignage de l’importance et de la qualité de la Faïence de Rouen dès le XVIe siècle.
Pavement de la galerie de Psyché d’Ecouen, 1542 : Deux dextrochères (gantelets armés) présentent l’épée du Connétable et les initiales AM identifiant Anne de Montmorency. (© Musée de la Céramique, Rouen.)
Masséot Abaquesne et son entourage
Ce « grand maître faïencier » incarne, quelques années avant Bernard Palissy (1510-1590), le renouveau de l’art de la céramique dans le royaume puisqu’on lui doit la première production française de pavement en faïence ainsi que la création de nombreuses pièces de formes inspirées de la tradition du style italien mais revisitée par une sensibilité artistique toute personnelle.
Il demeure bien des zones d’ombre autour de Masséot Abaquesne et de l’origine de sa famille ou de ses années d’apprentissage. Natif de la Normandie et plus précisément du Cotentin, sa date de naissance est approximative, vers l’année 1500, comme celle de son décès que l’on situe avant 1564. On ne connaît pas dans quel atelier il fait ses premières armes ni de quel maître il reçoit son savoir. Dans les rares documents d’archives qui le mentionnent, on peut citer comme première référence à Masséot Abaquesne un acte du tabellionnage de Rouen daté du 31 octobre 1526 qui le situe dans la paroisse Saint-Vincent et qui précise alors son activité qui est celle de layetier, c’est à dire d’emballeur. Sur un autre acte de tabellionnage daté de 1538, il est signalé comme exerçant la profession « d’emballeur et émailleur en terre ». Il est qualifié comme seul émailleur de terre le 24 mai 1545 dans le contrat de livraison qu’il passe avec l’apothicaire rouennais Pierre Dubosc à l’occasion d’une commande de 4152 pots à pharmacie. De 1526 à 1545, on ne sait pas s’il pratiquait lui-même le métier ou s’il était entrepreneur, ni s’il fit son apprentissage auprès d’ateliers italiens dont il s’inspire directement dans sa production. Il semblerait toutefois qu’il fréquenta des faïenciers anversois d’origine italienne selon la filiation stylistique de certaines de ses œuvres.
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