Patrimoine Normand

La Faïence normande au XVIe siècle : la fabrique Abaquesne

2e partie

Masséot Abaquesne (vers 1500-avant 1564) n’a pas limité sa production aux seuls revêtements faïencés que nous avons abordés dans le précédent numéro. À travers les collections du Musée municipal de Bayeux et du Musée de la céramique de Rouen, nous allons parcourir l’autre aspect de sa production, Albarello et Chevrette, qui témoigne du rang de la Faïence de Rouen dès le XVIe siècle.

Photomontage avec : à gauche : Albarello (Pot à pharmacie) fabriqué par Masséot Abaquesne pour l’apothicaire Pierre Dubosc en 1545, décor de grand feu polychrome, haut de 26,7 cm et d’un diamètre de base de 12 cm. Décor italianisant inspiré de Faenza représentant un buste d’homme jeune avec coiffe le tout ceint de rinceaux feuillus. (© Musée de la Céramique, Rouen.) À droite : Chevrette par Masséot Abaquesne, décor de grand feu polychrome d’un buste d’homme, de couronne de laurier et de rinceaux feuillus, vue de face qui permet d’apprécier la qualité de la décoration de la faïence et le bec court destiné au versement de sirops et de liquides médicamenteux. (Musée municipal de Bayeux).

À gauche : Albarello (Pot à pharmacie) fabriqué par Masséot Abaquesne pour l’apothicaire Pierre Dubosc en 1545, décor de grand feu polychrome, haut de 26,7 cm et d’un diamètre de base de 12 cm. Décor italianisant inspiré de Faenza représentant un buste d’homme jeune avec coiffe le tout ceint de rinceaux feuillus. (© Musée de la Céramique, Rouen) À droite : Chevrette par Masséot Abaquesne, décor de grand feu polychrome d’un buste d’homme, de couronne de laurier et de rinceaux feuillus, vue de face qui permet d’apprécier la qualité de la décoration de la faïence et le bec court destiné au versement de sirops et de liquides médicamenteux. (Musée municipal de Bayeux)

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Le développement des hôpitaux et des apothicairies

La production de pots à pharmacies et de chevrettes par Masséot Abaquesne dès 1545 s’inscrit dans un vaste mouvement de développement de la science pharmaceutique, de l’avancée de la médecine et plus particulièrement des questions portant sur la police sanitaire et les techniques médicamenteuses de ce siècle.

Dès le XIIIe siècle, les enjeux de la santé publique sont au centre de la vie urbaine et des politiques royales. En effet, deux pathologies qui se développent au Moyen Âge, la lèpre et la peste, obligent les populations et les gouvernants à améliorer l’hygiène et la prise en charge des malades. L’exemple du développement des léproseries, ladreries, maladreries, qui étaient des hospices et des asiles destinés spécialement aux lé­preux, est révélateur car ces institutions étaient avant tout un rempart pour les gens sains et un lieu de secours pour les contagieux. Les efforts déployés du XIIIe siècle au XVIe siècle, dans l’accueil et le traitement de la lèpre par exemple permettent de diminuer l’audience de ce fléau. Le nombre de maladreries qui ferment à partir de 1500-1530 en témoigne et c’est le système hospitalier qui voit dès lors son rôle devenir prépondérant. Mais l’impact de ce type de pathologie a paradoxalement entraîné l’accroissement des études de santé et l’offre de soins correspondant qui amène à la naissance de nouveaux instruments thérapeutiques et à l’innovation en matière de conditionnement des remèdes et médications.

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