Douvres-la-Délivrande – La chapelle Lalique
La chapelle de Notre-Dame de Fidélité abrite un véritable trésor. En 1931, René Lalique y dépose son talent. Le chœur devient alors un lieu de recueillement totalement porté par la lumière. Après plusieurs années d’oubli, l’œuvre de Lalique est aujourd’hui restaurée. Visite guidée dans un lieu hors du commun.
Un chœur de lumière signé Lalique. Ce Christ domine l’autel et constitue la pièce maîtresse de l’œuvre. Il mesure près d’un mètre de hauteur pour soixante centimètres de largeur. Moulé d’une seule pièce, il pèse soixante kilos. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand.)
C’est un événement sans précédent pour la communauté de Notre-Dame de Fidélité à Douvres-la-Délivrande. Le « Chœur Lalique » retrouve enfin son écrin d’origine après plus de dix années de restaurations successives. Il est vrai que les travaux étaient de taille : la chapelle de Notre-Dame de Fidélité comporte un ensemble liturgique exceptionnel, signé du maître verrier René Lalique. Trois verrières monumentales, deux colonnes lumineuses, une lampe, une porte de tabernacle, un retable avec six chandeliers surmonté d’un Christ et une table de communion constituent, dès l’origine, le projet de René Lalique. Au-delà de la beauté et de pureté virginale de l’ensemble, la réalisation de Lalique est aussi une prouesse technique innovante pour les années 1930.
« Je vous offre mon talent »
Sans la pugnacité et la volonté de René Lalique, jamais cet ensemble n’aurait vu le jour. En 1929 la communauté, devenue pensionnat de jeunes filles, s’apprête à célébrer son centenaire. La mère supérieure souhaite alors offrir au chœur de la chapelle tout juste achevé un Christ de verre, symbole de pureté et de fidélité. Très vite, le projet est proposé à Lalique qui connaît de surcroît très bien Notre-Dame de Fidélité puisque sa petite-fille naturelle y est pensionnaire. Lalique a 70 ans lorsqu’il présente au Salon d’Automne de Paris son projet d’aménagement du chœur avec toutes les pièces du mobilier liturgique telles qu’on peut les voir in situ aujourd’hui.
La lampe de sanctuaire a été réalisée en 1932. Elle se compose de six éléments de verre moulé satiné. Le tout est maintenu par une monture en métal chromé. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Anticipant toute commande ferme ainsi que la présentation au Salon d’Automne lui-même, Lalique dépose dès novembre 1929 un brevet d’invention pour « un vitrail à armatures métalliques et éléments de verre susceptibles de se prêter à des multiples combinaisons de montage. » Ce nouveau défi le passionne plus que tout. Son projet va bien au-delà de la commande initiale du couvent et causera d’ailleurs le plus grand souci à la mère supérieure qui découvrira stupéfaite la maquette dont le maître verrier ne lui avait souffler mot. Lalique saura rassurer les sœurs en leur déclarant : « Vous ne paierez que les matériaux, je vous offre mon talent ». Pour Pâques 1931, le « chœur Lalique » sera devenu une réalité inondant de lumière le sanctuaire. Il faudra attendre 1933 pour la mise en place des colonnes lumineuses et de la lampe de sanctuaire.
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