PATRIMOINE NORMAND

Le « clos aux Juifs » de Rouen et son monument

Il existe, sous la cour du palais de justice de Rouen, un édifice témoin de la présence juive dans la ville médiévale : découvert en 1976, il est actuellement présenté dans une « crypte » aménagée en sous-sol. Ce remarquable bâtiment ne prend toute son importance que si on le replace dans son contexte et dans son environnement. Voici le point sur les recherches en cours concernant l’histoire, l’urbanisme et l’architecture du clos aux Juifs et de ses édifices.

La maison sublime de Rouen. La tourelle d’escalier occupant l’angle nord-ouest, le mur nord percé des soupiraux à double ébrasement et le mur pignon occidental aveugle. (© photographie Jean Vavasseur)

La maison sublime de Rouen. La tourelle d’escalier occupant l’angle nord-ouest, le mur nord percé des soupiraux à double ébrasement et le mur pignon occidental aveugle. (© Jean Vavasseur)

Mis à jour le 30 novembre 2025 à 13:47 Par
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La présence d’une communauté juive est attestée à Rouen depuis le XIe siècle. Guillaume le Conquérant installe certains de ses membres à Londres après la Conquête. En 1096 se placent les massacres de Juifs perpétrés, à Rouen comme en d’autres lieux, à l’occasion du départ de la première croisade. Guibert de Nogent, un contemporain, rend compte des exécutions sommaires et conversions forcées qui eurent lieu dans la capitale normande. Une chronique fait partir de la rue aux Juifs, en 1116, un incendie qui aurait dévasté presque en totalité la ville ; elle nous livre par la même occasion la mention la plus ancienne de cette rue.

À l’extrême fin du XIIe siècle, l’implantation des Juifs sur la paroisse Saint-Lô semble connaître une densification posant alors un problème de revenu à ladite paroisse, qui relevait du prieuré du même nom. Un document du pape Célestin III (1191-1198) présente les Juifs comme ayant occupé une grande partie de Saint-Lô et tentant jour après jour d’occuper l’espace subsistant. Parmi les mesures prises, il frappe d’anathème ceux qui passeront contrat de location ou de vente avec des Juifs (Jaffe, Regesta pontificum romanorum, volume 2, p. 641). Faut-il rapprocher cette arrivée des mesures d’expulsion du royaume de France décrétées par Philippe Auguste en 1182 ?

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