Coiffes et costume normand : bonnet cauchois
Après de nombreux exemples de coiffes de la Basse-Normandie voici enfin la Haute-Normandie avec le bonnet le plus prestigieux, celui du pays de Caux, et plus précisément celui d’Yvetot, mais n’était-ce pas la capitale d’un « royaume » ?
Planche n° 9 de l’album de Lanté et Gatine dessinée en 1819. Le commentaire de cette planche, montrant une cauchoise portant le bonnet d’Yvetot, note : « Ce bonnet est assujetti par une grosse épingle ; mais rarement on fixe ainsi un bonnet dans le pays de Caux. » La robe est à la mode du temps, seul le bonnet est une caractéristique locale. Il est ici, typique d’Yvetot, c’est un Pierrot, couronné à son sommet d’une barbe de dentelles serrée en son milieu comme une gerbe de blé, les barbes descendant à l’arrière du bonnet. Ici, le bonnet de soie est bleu clair (assorti à la robe bleu foncé), rebrodé d’argent. (© Coll. Patrimoine Normand.)
Nous voici en effet en présence d’un bonnet qui a enthousiasmé notre source d’exception remontant au début du XIXe siècle, celle des Costumes de Lanté et Gatine. Ce dernier écrit en 1827 dans ses observations préliminaires à cet ouvrage : « les femmes du pays de Caux, ou cauchoises, sont, de toutes les Françaises, celles qui portent la coiffure la plus remarquable par sa richesse et son ancienneté. Le Pays de Caux, qui, avant la révolution de 1789, faisait partie de la Haute-Normandie, et qui aujourd’hui se trouve compris dans le département de la Seine-Inférieure, forme une espèce d’île, bordée d’un côté par l’Océan, et de l’autre par la rivière de Seine. Caudebec en était réputé la capitale, et avait pour armes trois éperlans d’argent sur un fond d’azur. Yvetot en est maintenant le chef-lieu. »
« La coiffure cauchoise se compose, pour les femmes riches, d’un bonnet pyramidal de brocard d’argent ou d’or ou d’étoffe de soie brodée richement, et d’un voile de mousseline claire garni de dentelle. » Gatine fait remonter l’origine de cette coiffe aux hennins du Moyen Âge, ce qui est un peu hâtif, même si le costume populaire au début du XIXe siècle reste assez proche de celui de la fin du Moyen Age.
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