Deux nouvelles gares pour Deauville
Dans les années 1930, Deauville modernise ses infrastructures de transport pour accompagner l’essor du tourisme balnéaire et du tourisme de luxe en Normandie. Nouvelle gare ferroviaire de style régionaliste, aérodrome international construit à Saint-Gatien-des-Bois, investissements privés et projets architecturaux ambitieux : la station se dote de deux équipements majeurs pour faciliter l’accès des voyageurs depuis Paris et l’Angleterre. Train et aviation deviennent ainsi des leviers stratégiques du développement de Deauville, au cœur de son rayonnement touristique.
Nouvelle gare de Deauville, œuvre de Jean Philippot. (© Coll. Gilbert Hamel)
À présent à la tête du Normandy, du Royal et du Casino, François André décide la construction d’un nouveau golf doté d’un hôtel de luxe. Il l’établira sur le Mont Canisy à Saint-Arnoult, à l’emplacement du parc du défunt château de Lassay. L’œuvre est confiée à l’architecte anglais Simpson. Le terrain comprend deux parcours, trois départs, un de 18 trous et un de neuf trous tracés en 3 boucles de 9 trous rayonnant autour de l’hôtel. Redonnons la parole au dithyrambique auteur de brochure touristique féru d’anglicismes habitué aux commentaires des événements mondains :
« Sur aucun point de la Corniche Normande, nulle part ailleurs en France, les sports ne sont plus en honneur qu’à Deauville ; aussi le double évent (sic) de la saison sera-t-il l’inauguration d’un nouveau Golf, le New-Golf, et d’un Yachting-Club, rien de plus opportun. Pour ce golf, les bonnes fées ont choisi le cadre grandiose et pittoresque de l’antique château de Lassay, sur le Mont-Canisy ; 87 hectares de superficie et une situation unique à flanc de coteau en font le plus vaste et le plus accidenté des terrains de jeu. Les parcours, neuf holes pour les dames et 18 pour les gentlemen, ont été dessinés par les spécialistes les plus réputés d’Angleterre ; donc, sport parfait en tous points. De tous côtés l’horizon est immense ; ce long ruban d’argent qui serpente parmi le vert invraisemblable des pâturages, ces hauts peupliers dont les cimes frissonnent en ondulant gracieusement, c’est la vallée de la Touques, l’une des plus riantes et des plus fertiles de France. Et puis, voici la mer tour à tour scintillante comme un miroir ou écumante comme une cavale en furie. Au loin les falaises crayeuses du pays de Caux, les voiles blanches des yachts de plaisance, les panaches de fumée et la masse énorme mais majestueuse des Léviathans modernes.
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