Le privilège de saint Romain
La gargouille, le saint et le prisonnier
Pendant des siècles, le chapitre de l’église cathédrale de Rouen dispose du droit de gracier et de libérer chaque année un condamné à mort. À l’origine de ce privilège exceptionnel, la victoire de l’archevêque Romain sur un abominable dragon. Du moins, c’est ce que l’on raconte…
Scènes de la vie de saint Romain. Vitrail de la légende de saint Romain (XVIe siècle). De gauche à droite : la gargouille ; le vase du saint chrême reconstitué ; l’inondation arrêtée. (© Stéphane William Gondoin)
L’existence semi-légendaire de saint Romain (Romanus en latin) nous est connue par plusieurs hagiographies d’époques diverses. Celle qui parait la plus ancienne, rédigée en vers, remonte peut-être au VIIIe ou au IXe siècle. La plus récente semble dater de la fin XIe– début XIIe siècle. Comme toujours dans ce type de récit, le réel cède constamment le pas au merveilleux et les éléments authentiques se devinent péniblement au milieu des miracles et des manifestations présumées de la volonté divine. Les dates même de l’épiscopat de Romain sont mal établies et reposent sur un faisceau d’indices ténus, s’appuyant sur des documents lacunaires et parfois même contradictoires. On peut cependant avancer avec un degré raisonnable de certitude, qu’il décède aux environs de 640 après une douzaine d’années passée à la tête de l’Église de Rouen.
Jeunesse d’un saint
Les multiples Vies de saint Romain à notre disposition, suivent toutes un scénario à peu près identique. Elles nous racontent qu’un nommé Benoît, noble de haut lignage, se lamente sur ses vieux jours de ne pas avoir de descendance. Le couple exemplaire qu’il forme avec sa femme, la vertueuse Félicité, demeure en effet inexorablement stérile. Mais la providence divine veille et n’entend pas priver deux âmes aussi pures des joies de la parentalité.
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