Patrimoine Normand

Château de Bénouville

Une histoire de femmes

Le destin du château de Bénouville fut tout au long de ses deux cent cinquante ans d’existence lié à celui de femmes. Baronnes, marquises, comtesses et vicomtesses, mais aussi futures mamans seules ou abandonnées… elles auront toujours été présentes dans les étapes importantes de Bénouville. Une histoire hors du commun pour un petit château dont la construction confiée à Claude-Nicolas Ledoux préfigure, à l’époque, une vision nouvelle de la construction et des volumes.

La façade sud du château de Bénouville. L’édifice est constitué de plusieurs décrochements qui brisent l’impression de cube. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

La façade sud du château de Bénouville. L’édifice est constitué de plusieurs décrochements qui brisent l’impression de cube. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 26 avril 2026 à 20:20 Par
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C’est en 1768 que M. et Mme de Livry rencontrent à Paris Claude-Nicolas Ledoux. Les marquis partagent alors leur temps entre leur cossu hôtel parisien, rue de la Chaise, et leur château féodal de Bénouville. La marquise de Livry, née Thérèse-Bonne Gillain, est la fille du dernier seigneur de Bénouville. Elle hérite du domaine en 1768. Mais la situation florissante du marquis en tant que chef d’escadre dans la Marine Royale, impose au couple la construction d’un château plus moderne et correspondant davantage à leur niveau de vie.

L’austère château féodal est alors démonté et oublié à l’exception de quelques fondations et d’une partie des communs. Seule la chapelle Saint-Pierre du XVIe siècle est conservée. Constituée d’un chœur, de deux travées et d’une abside à trois pans, elle arbore sur l’une des clés de voûtes les armoiries des Gillain. Elle restera le lieu de culte privé du domaine jus­qu’à la construction de la chapelle attenante au château à la fin du XVIIIe siècle.

Château de Bénouville. Au-dessus de la cage d’escalier, un oculus s’ouvre dans le plafond sur un décor de ciel peint en trompe-l’œil. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Château de Bénouville. Au-dessus de la cage d’escalier, un oculus s’ouvre dans le plafond sur un décor de ciel peint en trompe-l’œil. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Audaces architecturales et inspirations antiques

Le choix de l’architecte Ledoux s’impose aux Livry dès leur rencontre. Leur choix s’avérera pertinent puisque Ledoux devient Architecte du Roi en 1773. En 1769, quelques mois seulement après les premiers échanges entre les Marquis et l’architecte, les travaux démarrent sur les fondations de l’ancienne cons­truction. Pour Ledoux, Bénouville est un formidable défi. Il poursuit là ses audaces architecturales déjà amorcées notamment à l’Hôtel d’Uzès de Paris1, à la même époque. Il affirme encore un peu son style qui emprunte à l’Antiquité tout en conservant un certain académisme. Une démarche qui supprime frontons et mansardes et sculpte un édifice rectangulaire, massif, colossal. Les proportions y sont régies selon un système très strict.

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Notes

  1. L’hôtel d’Uzès fut construit en 1767, rue Montmartre à Paris. Il sera détruit en 1870.
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