Les écorces : un univers méconnu
Le promeneur identifie volontiers les arbres à leurs feuilles ou à leur silhouette, mais prête rarement attention à leur tronc. Pourtant, l’écorce révèle une étonnante diversité de formes, de textures et de couleurs, offrant un véritable terrain d’observation au regard curieux.
Hêtre – Fagus sylvatica ; Type 2 : Érable – Acer davidii ; (Vieux) chêne – Quercus robur. (Photo Jeannine Rouch © Patrimoine Normand)
Lorsque, à la fin de l’automne, les arbres se sont dépouillés de leur parure d’or et de cuivre, se livrant à nu, on peut alors examiner de près leurs écorces non dissimulées par l’ombre de leur feuillage estival. On y découvre une infinie variété de structures, de couleurs et d’étranges contours. Cependant, quelques arbres conservent des feuilles en hiver qui subsistent même mortes, dites « marcescentes », ce sont : le chêne sessile, le hêtre et le châtaignier faciles à reconnaître par leurs fruits : gland, faîne ou châtaignes que l’on trouve au sol. D’autres gardent leurs fruits : l’aulne et ses petits cônes, le frêne avec ses bouquets de samares, alors que la plupart des feuillus ne conservent que leur ramure, leur tronc. Ainsi, le promeneur curieux peut faire un jeu du décryptage des écorces, en les comparant et en les observant de très près.
« De la naissance à la mort de l’arbre, l’écorce subit une lente évolution qui la modifie durant sa croissance. Ce changement est conditionné par la physiologie propre de l’arbre et divers facteurs géologiques, géographiques et climatiques. Le polymorphisme des écorces est une curiosité de la nature qui se montre souvent une artiste. L’évolution de sa formation est beaucoup plus complexe et plus variable que celle du bois qu’elle entoure. Ainsi, deux tissus, le cambium et le phellogène participent à sa formation alors que pour le bois, le cambium seul agit. Elle est en quelque sorte la peau de l’arbre et le protège des facteurs de détérioration extérieure. Elle lui sert aussi de voie d’élimination des substances nocives à son métabolisme, tels que cristaux, tannins, résines en les déposant dans des zones destinées à mourir. Par ailleurs de grandes quantités de substances nutritives sont transportées dans les tissus vivants de l’écorce. Au printemps, ces substances de réserves sont dirigées des racines à la couronne puis la direction change et les assimilats produits grâce à la photosynthèse circulent dans l’arbre tout entier pour nourrir et former de nouveaux tissus. En automne, ces substances sont stockées en tant que réserve. »1
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°56 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
Notes
- Hugues Vaucher, Guide des écorces, Éditions Delachaux et Niestlé, 1993.
