Les coffrets peints normands dits « coffrets de Rouen »
Jean-Xavier de Saint-Jores nous avait déjà présenté ce sujet important de l’art populaire normand, une vente récente nous permet de compléter cette étude.
Vue d’ensemble des douze coffrets dits de Rouen présentés à la vente aux enchères de l’hôtel des ventes de Bayeux, le 11 novembre 2006. (Photo Georges Bernage © Patrimoine Normand)
Revenons rapidement sur l’étude historique présentée dans notre n° 43 de l’automne 2002. Ces coffrets ont connu leur plus grande vogue entre 1730 et 1860. D’après les spécialistes, l’origine de ce style pourrait provenir de Scandinavie où il existe des coffres peints plus anciens qui seraient venus jusqu’en Normandie par voie maritime et c’est justement dans les ports qu’on trouve les centres de production, à Rouen principalement où, d’après l’étude de Claude Bouhier, il existait 98 maîtres coffretiers dans cette ville en 1732 et 334 en 1780. On signale aussi des maîtres coffretiers au Havre, Trouplin et son successeur Simonnet ayant travaillé de 1831 à 1854. En dehors de ces deux villes portuaires, des coffrets ont été aussi vraisemblablement fabriqués à Orbec. Ainsi, ces coffrets sont souvent appelés « coffrets de Rouen ».
Ils étaient réalisées à partir de planchettes de bois blanc, hêtre ou tilleul. L’ensemble était grossièrement assemblé avec de petits clous. Le coffret est constitué de cinq éléments et il faut cinq planchettes pour le fond et les côtés ; quatre pour le pourtour et sept pour le couvercle. Deux boucles de fil de fer servent de charnière, les poignées sur le couvercle sont tout aussi simples. Ils sont fermées par une serrure à moraillon : le penne d’un battant mobile vient se bloquer dans la serrure. Un papier est encollé sur l’ensemble du coffre, couvrant les jointures entre les planchettes. Il est recouvert d’un décor de facture populaire utilisant principalement les fleurs, les oiseaux et les draperies, rappelant le style des toiles peintes de Hambye (voir Patrimoine Normand n° 41). Certains sont datés et quelques décors expriment aussi une période particulière (montgolfières, drapeaux tricolores, etc.). Un art populaire normand bien dans la période 1730-1854 qui correspond aussi à la grande période des coiffes et des armoiries, à la richesse paysanne de cette époque.
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