L’étang de Gattemare dans le journal de Gilles de Gouberville
Le très célèbre journal de Gilles de Gouberville constitue une source d’informations inépuisable sur la vie quotidienne dans le Val de Saire au milieu du XVIe siècle. Ce journal, qui court sur les années 1550-1562 et dans lequel l’auteur consigne jour après jour et avec une précision incroyable toutes ses activités, mentionne à plusieurs reprises l’étang de Gattemare.
L’étang de Gattemare vu du haut du phare de Gatteville. Vaste plan d’eau salée de 59 hectares, situé à cheval sur les communes de Gatteville et Gouberville, l’étang est séparé de la mer par un cordon de dunes. Ses caractéristiques sont parfois comparées à celles des étangs languedociens. (Photo François de Lannoy © Patrimoine Normand)
Pêche et chasse
À l’époque de Gilles de Gouberville, l’étang de Gattemare est tout d’abord un lieu de pêche et plus particulièrement de pêche à l’anguille, une des espèces de poissons les plus appréciées à cette époque. La première mention de pêche dans l’étang de Gattemare apparaît à la date du 3 janvier 1557 : « Je allé à Gatteville (…) chez messire André Caillet, et de là allames à Gattemare voyer (voir) sa berge. Ce faict, nous vismes des gens qui tiroyent le colleret au bout de la mare, vers le rast. Nous y allames. Ilz ne prindrent que une anguille ». Le 22 février 1558, Gilles de Gouberville se rend lui-même à la pêche à l’anguille à Gattemare mais il revient bredouille : « La relevée, je fys tirer le colleret à Gattemare, pour avoyr de l’anguille à envoyer à mon oncle (curé de Russy). Nous ne prismes rien »… En revanche, le 15 mars suivant, il envoie au sieur de Tourlaville, « six harencz blancs et six sortez et ung peu plus de demy pied d’anguille de Gattemare ». Le 26 août 1650, il évoque la fabrication d’une « chausse » à pêcher l’anguille : « Laurens Castel remporta VII liv. (7 livres) de fil prest à reteurtre (tordre) pour fère une chausse à pescher l’anguille à Gattemare, que son père me doybt fère ».
La végétation dense qui entoure l’étang est propice au développement du gibier d’eau et de nombreux autres oiseaux. Gilles de Gouberville et ses domestiques ne manquent pas de tirer parti de cette autre ressource de l’étang. Parmi le gibier mentionné dans le journal, figurent les cignards, les oies sauvages, les sarcelles ou encore les étourneaux. Ces chasses, qui ont lieu à la tombée de la nuit, « après soleil couché », se font souvent à partir de frêles embarcations qui manquent parfois de couler ! Les oiseaux sont tirés avec des arquebuses.
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