Relieur, un métier d’art et de passion
Les liens de la Mémoire
Maître Artisan en métier d’art, c’est le titre décerné à Anne Liégard par la Chambre des métiers et de l’artisanat du Calvados. Détentrice d’un CAP et d’un master 2 en conservation de biens patrimoniaux, celle-ci obtient par la pratique la reconnaissance de ses pairs qui valident la qualité de son travail. Aussi exerce-t-elle le métier d’archiviste, puis de relieur pendant sept ans avant d’être habilitée à travailler sur les collections publiques. Se mettre à son compte ne suffit pas, « il faut se former en permanence », précise-t-elle. En 2014, elle s’installe à Baron-sur-Odon, à douze kilomètres au sud de Caen. « C’est un choix de vie. » Lumineux, son atelier installé dans une aile de sa maison donne sur le jardin où elle exerce aussi ses talents de créatrice.
Anne Liégard, Maître Artisan relieur, dans son atelier des liens de la Mémoire à Baron-sur-Odon. (© Mireille Thiesse)
L’art d’être relieur : une tradition et une posture
« La restauration d’un livre est une découverte. Il s’agit de démonter pour comprendre afin de restituer au livre sa fonction. Faire prendre conscience de la valeur mémorielle des documents à exploiter, c’est leur permettre de traverser le temps. En les protégeant, on les valorise ; en les rassemblant, on crée un objet d’art. En outre, il faut faire preuve d’inventivité et être à l’écoute du client. Nous sommes des passeurs d’histoires. »
Ce métier d’art, c’est aussi une filiation et une tradition. La reliure existe depuis le Moyen Âge, même si la professionnalisation n’est effective que depuis le XVIIe siècle. En 1686, un nouveau règlement encadre le métier des relieurs et doreurs qui deviennent une communauté indépendante de l’université et des libraires. Si l’art d’être relieur est indissociable des savoir-faire et de la connaissance technique (chimie, connaissance des matériaux…), la pratique exige « une extrême minutie, ainsi que de la patience et du soin, de la précision dans l’acte même ». On est debout toute la journée : « C’est une question de posture, d’équilibre, de respiration. »
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