« Pour les Alliés, comme pour nous, ce sera… le jour le plus long. »
On prête au Generalfeldmarshall Erwin Rommel d’avoir tenu à son aide de camp, le Hauptmann Hellmuth Lang, ces propos passés à la postérité : « Croyez-moi, Lang, les premières vingt-quatre heures de l’invasion seront décisives… Le sort de l’Allemagne en dépendra… Pour les Alliés, comme pour nous, ce sera le jour le plus long. » Dans les deux camps, nombreux seront ceux à ne pas voir le soleil se coucher, au soir du 6 juin 1944.
Cimetière américain de Colleville-sur-Mer, au-dessus de la mythique plage d’Omaha Beach. Ici reposent de nombreux jeunes soldats morts sur la plage en contrebas… pour notre liberté… (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
« Notre débarquement dans la région de Cherbourg et du Havre ne nous ayant pas permis de nous implanter durablement en territoire hostile, j’ai dû prendre la décision d’ordonner la retraite des troupes engagées. […] Je suis la seule et unique personne qui puisse être blâmée ou incriminée pour cette tentative malheureuse. J’en assume seul la responsabilité » (Paroles du Jour J, voir bibliographie). Ce communiqué terrible, signé de la main d’Eisenhower, aurait pu être diffusé au soir du 6 juin 1944, garantissant à l’Europe de demeurer des années encore dans les ténèbres nazies. Il n’en fut heureusement rien : malgré les difficultés, l’opération Overlord s’avéra un succès indiscutable qui permit d’établir une tête de pont alliée sur le sol français, prélude à la libération de l’Europe Occidentale.
La colère de Neptune
Le 5 juin vers 13 h, des dragueurs de mines prennent le large en direction des côtes normandes pour ouvrir dix chenaux à l’armada d’invasion. Celle-ci se compose d’environ 7000 navires, parmi lesquels des unités de transport de troupes, de matériel, des barges amphibies, réparties en cinq groupes distincts : Force U (pour Utah Beach, départ de Plymouth) et Force O (Omaha, Portland), formant la Western Task Force ; Force G (Gold, Southampton), Force J (Juno, île de Wight) et Force S (Sword, Portsmouth), formant la Eastern Task Force. Ces convois bondés de soldats, surchargés de véhicules et d’armes, potentiellement vulnérables pendant la traversée de la Manche, sont escortés d’escadres de chasseurs et autres appareils, et par de puissants navires de guerre qui fourniront un appui feu colossal pour pilonner les défenses côtières.
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