PATRIMOINE NORMAND

L’archéologie du Débarquement et de la bataille de Normandie :

panorama d’une recherche prometteuse

Depuis l’émergence de l’archéologie préventive à la fin des années 1980, les côtes et le sol de la région normande n’ont cessé de livrer des vestiges de la bataille qui s’est livrée du 6 juin à la fin du mois d’août 1944 entre les forces alliées, américaines, britanniques et canadiennes, et les troupes d’occupation du IIIe Reich. Depuis 2014, ces découvertes alimentent une nouvelle thématique de recherche liée à l’histoire matérielle et anthropologique du conflit ainsi qu’aux enjeux mémoriels qui en découlent aujourd’hui, dont la candidature des plages du débarquement à la liste pour une inscription au patrimoine mondial de l’Unesco.

Char Sherman devant Sword Beach. (Images Explorations / Drassm, 2018)

Char Sherman devant Sword Beach. (Images Explorations / Drassm, 2018)

Mis à jour le 1 novembre 2025 à 22:34 Par
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Un travail de recension

À la suite d’un premier travail de synthèse opéré en 2014, lors de l’inscription officielle par le ministère de la Culture de ces vestiges du passé récent dans la programmation nationale de la recherche archéologique, plusieurs programmes d’inventaire et d’étude sont actuellement conduits autour de sites aussi variés que les épaves maritimes, les ouvrages bétonnés du mur de l’Atlantique ou les abris souterrains des civils au cours de la bataille pour Caen. Qu’il s’agisse des ouvrages du mur de l’Atlantique et autres installations allemandes, des vestiges du débarquement allié et des combats qui s’ensuivirent, ou bien encore de ceux laissés par les populations civiles ou les prisonniers, les traces matérielles de la Seconde Guerre mondiale sont, quatre-vingts ans après, omniprésentes en Normandie. Les sites ont toutefois connu des fortunes et évolutions très diverses. Certains ont été purement et simplement détruits ou reconfigurés, tandis que d’autres, dès la fin du conflit, ont été sacralisés afin de rendre hommage au sacrifice des soldats ou, plus récemment, des civils, dans le cadre du devoir de mémoire.

Devenus emblématiques du conflit, ces sites mémoriels ont fini bien souvent par occulter en totalité de nombreux vestiges moins visibles qui sont tombés dans l’oubli. La nécessité de recenser les vestiges existants de la Seconde Guerre mondiale commence à s’imposer au sein de la communauté archéologique vers la fin des années 2000. En 2009, une fouille pionnière est prescrite par les services de l’État sur une partie du camp de prisonniers allemands de La Glacerie, près de Cherbourg. Bien qu’encore présents dans certaines mémoires locales, ces vestiges effacés du paysage étaient alors très mal documentés. Ce type d’opération – à la marge de l’activité ordinaire des chercheurs régionaux, bien davantage concernés par des périodes plus anciennes – a mis en lumière l’importante carence documentaire, de même que l’absence de protection des sites de guerre au titre des monuments historiques. En réponse à cette prise de conscience, un projet d’inventaire exhaustif est initié en 2015 par des chercheurs réunis autour du Service régional de l’archéologie, des monuments historiques, de l’université de Caen (Laboratoire HisTeMé), de l’Inrap et des collectivités territoriales, dans le cadre d’un programme collectif de recherche visant à inventorier tous les éléments du dernier conflit – conservés, disparus ou enfouis – et à en restituer la cohérence historique, de même que la cartographie, à l’aide d’une base de données.

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