La Chanson de Roland et la Normandie
« Cumpainz Rollant, sunez vostre olifan »
Les origines du premier chef-d’œuvre de la littérature épique en langue romane restent particulièrement obscures et ont suscité maintes hypothèses par le passé, continuant de nos jours à déchaîner les passions dans les milieux érudits. Parmi celles-ci, la « piste normande » est assurément l’une des plus sérieuses.
Probable représentation du combat de Roland contre Marsile. Vitrail de la cathédrale de Chartres, XIIIe siècle. (© Stéphane William Gondoin DAO Patrimoine Normand)
Tout débute par un événement historique avéré, relaté par le clerc Éginhard, ami et biographe de l’empereur Charlemagne, dans sa Vita Karoli (Vie de Charles), ainsi que dans les Annales royales : le 15 août 778 semble-t-il, les Francs reviennent d’Espagne après une campagne contre les musulmans ciblant les villes de Pampelune et de Saragosse. En traversant les Pyrénées au col de Roncevaux, l’arrière-garde de l’armée, placée sous le commandement de plusieurs nobles parmi lesquels le « préfet de la marche de Bretagne », Roland, est attaquée et écrasée par des montagnards, probablement des Basques. Voilà pour l’Histoire…
De l’épisode historique au chef-d’œuvre littéraire
On ne relève plus guère de traces de ce fait d’armes, somme toute assez banal à cette époque, dans les sources anciennes, jusqu’à ce qu’il ne ressurgisse magnifié et sublimé au XIIe siècle dans un manuscrit conservé à la Bodleian library d’Oxford. Cela ne signifie nullement que la mémoire du drame se soit perdue, mais plutôt qu’aucune trace écrite n’est parvenue jusqu’à nous.
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