Les potiers d’Infreville
Préservation d’un savoir-faire ancestral
Pendant plusieurs siècles, la forêt de la Londe-Rouvray a fourmillé d’activités dans sa partie ouest couvrant une fraction du plateau du Roumois. Jusqu’en 1865, un gisement d’argile y a fourni du travail à des paysans des environs de Bourgtheroulde, avant de constituer une manne à première vue inépuisable, qui étendit dans toute la France la réputation de la carrière de la « terre à pots ».
La Maison de la terre au Bosc-Roger-en-Roumois dévoile la saga des potiers d’Infreville. Salle regroupant les poteries les plus significatives retrouvées par Madame Guilluy et son équipe. (© Association Tuiles Poteries Briques du Roumois – ATPBR).
Marquant de leur présence discrète cette forêt où ils ont creusé des puits pour en extraire l’argile et trouvé le bois nécessaire à sa cuisson, les potiers ont investi par leur production artisanale et un peu rustique bien des vaisseliers et des remises dans les fermes des environs. Un patrimoine fragile qui serait sans doute tombé dans l’oubli, si Mme Françoise Guilluy ne s’était lancée en 1979 dans une passionnante chasse aux trésors. C’est en sa compagnie que nous avons découvert à Bosc-Roger-en-Roumois la Maison de la Terre, qui permet de tout savoir sur la saga des potiers d’Infreville, une commune à part entière jusqu’à sa fusion avec Bourgtheroulde en 1973.
Un matériau d’une qualité peu commune
Quel est donc ce mystérieux matériau capable d’alimenter ainsi la production de nombreuses générations d’artisans et même, plus tard, des faïenceries importantes ? Le gisement d’argile plastique se cache en plein cœur de cette forêt de la Londe, suffisamment riche pour fournir tout le bois nécessaire à « la transformation irréversible de la terre en objet utilitaire », selon les mots de Françoise Guilluy, en préambule de son livre Potiers d’Infreville et révolutions. Car avant d’être potier, il faut être bûcheron, mais aussi puisatier, et creuser des puits aux parois glissantes et non étayées. L’argile est ensuite remontée à la surface à l’aide d’un treuil. On est bien loin de l’image populaire du potier penché sur son tour au fond de son atelier.
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