PATRIMOINE NORMAND

Lyons-la-Forêt

Il était une forêt…

C’est un troupeau de maisons à pans de bois, égaré au cœur d’une nébuleuse forestière. Ici, hommes et futaies sont liés depuis la nuit des temps et l’histoire de Lyons se confond avec celle de sa forêt. Patrimoine Normand vous entraîne dans ce paysage aux vallées profondes, aux crêtes chevelues battues par le souffle des légendes…

Lyons-la-Forêt. En contrebas du village, le val de Lieure aménagé en parc. (© Stéphane William Gondoin)

Lyons-la-Forêt. En contrebas du village, le val de Lieure aménagé en parc. (© Stéphane William Gondoin)

Mis à jour le 19 décembre 2025 à 18:45 Par
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Éclosion d’une belle matinée de printemps, dans les environs du hameau de Mortemer, célèbre pour son abbaye cistercienne réputée hantée. Brrr ! On en frissonne de bonheur… Les gens du pays racontent volontiers que ces parages sont nimbés de mystères, peuplés de créatures étranges, tour à tour redoutables ou bénéfiques, guettant dans les vallons tapissés de brume le promeneur audacieux ou le rêveur solitaire : dame blanche, garache (femme loup-garou), goubelins facétieux, feux-follets… Le merveilleux attire le merveilleux. Il nourrit ce fameux « Petit Peuple des forêts », que la modernité galopante n’a pas encore réussi à totalement chasser de la surface de nos terres… Comme l’écrivait très récemment Serge Van Den Broucke dans nos colonnes, « acceptons donc d’être perméables aux mystères, à la poésie et à la magie d’une nature complexe (voir Le Goubelin, À la recherche du lutin normand, in Patrimoine Normand n° 90), diverse, dont la réalité ne se résume pas à ce qu’on peut quantifier. Nos ancêtres pensaient ainsi. » La forêt de Lyons est comme un pont entre deux mondes, un livre de légendes à ciel ouvert, que l’homme de notre temps feuillette selon son gré au fil des sentiers capricieux

D’abord, la forêt…

Difficile en effet de pleinement comprendre Lyons-la-Forêt, si on ne sillonne pas au préalable l’imposant couvert végétal qui l’encercle. Là réside l’âme profonde de ce bourg, là se trouve la source de sa grandeur passée, l’origine de son charme présent, la racine d’une promesse d’avenir. Il y a quelque chose de presque voluptueux à sauter de place en place sous les frondaisons, au gré de ses humeurs, le regard fouillant dans les taillis, seulement guidé par les reflets moirés d’une aura légendaire : fontaine Sainte-Catherine, avec son oratoire et son trou d’eau, où les jeunes filles à marier venaient autrefois jeter une épingle à cheveux, portées par l’espoir de trouver un époux dans l’année ; fond du Sabbat et son chêne à Satan, un vénérable bicentenaire, que semblent toiser le carrefour du Hêtre-à-Dieu et ses arbres éponymes… Étonnante dualité manichéenne.

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