Tinchebray
Au carrefour de l’histoire et des savoir-faire
À l’ouest du bocage ornais, là où dominent le granit et les cornéennes, la campagne de Tinchebray a une tradition agricole d’élevage et de polyculture qui a favorisé l’activité à domicile liée au textile et au travail du fer. Renommée comme capitale de la quincaillerie, la commune a forgé son identité autour de son histoire, son patrimoine religieux et son savoir-faire artisanal.
Tinchebray. La chapelle médiévale de Saint-Rémy amputée de sa nef ne fut jamais l’église paroissiale du bourg. Après Notre-Dame des Montiers, l’église néo-gothique de Saint-Pierre accueillit les fidèles. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Le village des Montiers
Édifié sur le Mont-Saint-Pierre, au sud du bourg actuel, le camp gallo-romain – dont subsistent plusieurs vestiges – occupait une position stratégique à proximité de l’axe antique Jublains-Bayeux et du chemin de Paris menant au mont Saint-Michel. Dans le bois de Tinchebray, le chaos de blocs granitiques, tel « la Chaire du Diable », a nourri l’imaginaire local et les hypothèses relatives à d’anciennes pratiques druidiques. Issu d’une racine celte, le toponyme latin Tinchebraium ou Tinchebraicum renverrait à un habitat entouré de bois et de marais. Au sud, le Noireau contourne l’éminence des Montiers. Resserré sur sa rive gauche, au nord du pont Notre-Dame reliant Tinchebray à Domfront, ce vicus artisanal tira très tôt parti de l’énergie hydraulique. Dès le Moyen Âge, des moulins à papier, à tan ou à farine sont attestés sur le Noireau et ses affluents – la Durance, le Montbayer et le Troître.
Succédant à deux moutiers fondés lors de l’évangélisation du haut Moyen Âge par des disciples de saint Évroult, les paroisses de Saint-Pierre et de Notre-Dame se structurent autour de leurs églises respectives. Au XIe siècle, le patronage est confié aux chanoines de la collégiale Saint-Évroult de Mortain, bénéficiaires de la prébende ; la donation faite par Robert de Mortain s’accompagne de celle d’Onfroy du Champ Ernoult pour l’église Saint-Pierre. S’y ajoute, dans le bourg castral, la nouvelle église Saint-Rémy. La charte mentionne également la dîme de la foire Saint-Luc, tradition qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Si les foires aux bestiaux ont disparu, la Saint-Luc, célébrée le 18 octobre, demeure un rendez-vous majeur pour la commune, à l’image de celle de Gavray dans le Cotentin.
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