PATRIMOINE NORMAND

Le professeur Maladoli et le jeune Hervé Bazin

Dans l’Eure, sur les hauteurs de la Seine, se croise le destin d’un jeune écrivain en devenir et celui d’un personnage hors norme : le fantasque Cincinnatus Maladoli. Écuyer de renom, directeur de cirque et esprit libre, ce « professeur » singulier marqua profondément Hervé Bazin, alors en quête de voie. Une rencontre inattendue, au cœur d’une Normandie discrète, qui éclaire un épisode méconnu de la vie du romancier.

Cirque cocassien du Professeur Maladolli. (© Patrimoine Normand)

Cirque cocassien du Professeur Maladolli. (© DAO Patrimoine Normand)

Mis à jour le 26 mars 2026 à 17:55 Par
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Saint-Pierre-la-Garenne, avril de 1911

Avant de nous retrouver à Saint-Pierre-la- Garenne, en bord de Seine, entre Vernon et Gaillon, on va effectuer un crochet par Angers où commence notre histoire, avec la naissance celle de cet étonnant romancier que fut Hervé Bazin, le 17 avril de 1911. Il était le neveu d’un autre écrivain, le neveu de René Bazin, précisément. Hormis les liens du sang, rien ne rapprochait vraiment les deux hommes. René était un honorable bourgeois bien pensant – il a d’ailleurs siégé à l’Académie française – Hervé, lui, était révolté, turbulent, contestataire, membre du Mouvement de la Paix, c’est-à-dire très proche du parti communiste. C’était à l’époque où il existait encore un parti communiste digne de ce nom.

Hervé Bazin a vu le jour dans une famille bigote et bien pensante. Une famille qu’il n’a pas supportée très longtemps. D’autant qu’il ne s’entendait pas du tout avec sa mère, la femme sèche et autoritaire qu’il représentera sous les traits de Folcoche, dans son roman Vipère au poing. Folcoche, un nom qui vient tout simplement de la contraction de folle et de cochonne. C’est tout dire. En révolte perpétuelle, il passa son temps à fuguer : parce qu’il ne voulait pas faire ses études à la faculté catholique ; parce qu’il ne voulait pas faire Saint-Cyr. Il fugua même au volant de la voiture de son père ! Résultat, un terrible accident qui l’obligea à un long séjour en maison de santé. Une fois rétabli, il allait alors mener, pendant quatorze ans, une existence un peu chaotique et souvent misérable. À cette époque de sa vie, il sera tour à tour marchand ambulant, garçon d’ascenseur, ferrailleur, batteur de tapis ou secrétaire particulier de Cincinnatus Maladolli !

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