Quand la « langue » du pays contrarie la langue de bois
Le rôle du patois dans la presse normande du XIXe siècle
Nous vous en avons déjà parlé dans notre chronique du n° 133 de Patrimoine Normand : au XIXe siècle, le patois a pris ses aises dans la presse locale. Cela n’a bien sûr pas été immédiat : sous l’Empire napoléonien, puis sous la Restauration, la censure est en effet très ferme. Il n’y a pas de liberté de propos dans les journaux, et surtout pas de liberté politique. Les choses changent en 1830, quand Louis-Philippe est porté au pouvoir. La liberté de la presse refait surface, même si elle connaîtra des hauts et des bas durant tout le siècle.
Gravure extraite du Tableau de Paris d’Edmond Texier, 1852. (DR)
Un jeune dialectologue fait ses débuts : Jean Fleury
Or très vite, il est apparu dans les pages de la presse normande un type de texte particulier : la lettre à « Moussieu le Rédacteu ». Ce sont les îles Anglo-Normandes, qui sont britanniques, qui ont créé le genre dès la fin du XVIIIe siècle. L’un des premiers sur le continent à s’y prêter est un tout jeune auteur : Jean Fleury. Il se fera connaître à la fin de sa vie par ses ouvrages sur le langage et les légendes de La Hague, qui sont restés fameux. Mais dans sa jeunesse, au début des années 1830, il a été directeur du Journal de Cherbourg. C’est là qu’il a fait ses premières armes d’auteur patoisant, notamment en publiant des lettres à la rédaction, sous pseudonyme. Fleury, qui était alors fouriériste, donc en quelque sorte un protosocialiste, ne pouvait s’empêcher d’intervenir sur les questions politiques, qu’elles soient locales ou nationales.
Des lettres en patois, pour quoi faire ?
Ces lettres sont finalement nombreuses, et on en découvre dans toute la région : le Journal de la Ferté-Macé, L’Avranchin, L’Abeille cauchoise, et bien d’autres en publient. Certaines sont purement humoristiques. D’autres sont clairement ancrées dans les affaires politiques d’alors. Les auteurs se présentent sous des noms fictifs : on se doute bien en fait que le plus souvent, ces lettres sont dues à des membres de la rédaction elle-même.
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