PATRIMOINE NORMAND

Gatteville-le-Phare

Promenades dans le Val de Saire

Dans un article paru en 1983 dans le numéro 26 de Vikland, Guillaume et Adélaïde Sorel s’inquiétaient des projets d’implantation d’un second site nucléaire sur le territoire de la commune de Gatteville. Fort heureusement, ce projet n’a pas abouti et le village de Gatteville est resté intact dans son écrin de verdure et de granit. Après Réville, c’est donc ce village très pittoresque et d’une grande richesse patrimoniale, que nous visiterons.

Vue générale de Gatteville, prise du haut du phare, les maisons se pressent autour de l’église et de ses deux clochers. 

Vue générale de Gatteville, prise du haut du phare, les maisons se pressent autour de l’église et de ses deux clochers. (Photo François de Lannoy © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 14 avril 2026 à 21:51 Par
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Assise sur un fond de granit, la commune de Gatteville couvre une superficie de quelque 900 hectares. En dépit des affleurements rocheux, c’est un riche terroir qui annonce celui de la plaine maraîchère du sud de Barfleur. Comme souvent dans le Cotentin, Gatteville est quadrillée par un réseau dense de routes et chemins qui desservent une série de hameaux répartis sur tout le territoire : la Houguette et la Hou­gue qui sont en réalité des prolongements du bourg, Rauville, Imbranville, Denneville, Néhou, Quénanville et Pont-le-Hot. L’éthy­mologie de ces différents toponymes témoigne d’une forte implantation scandinave. Gatteville tout d’abord signifie la « ville » de Kati, nom d’homme en vieux danois ou en vieux suédois et que l’on retrouve dans Gattemare, lieu-dit voisin (cf. plus bas), Rauville (ou Roville) vient aussi d’un nom d’homme scandinave, « Hrolfr » ou en franc « Rodulf », « Radulf », Denneville vient probablement du roman « la ferme du Da­nois ». Imbranville a aussi com­me origine le nom d’un homme mais cette fois-ci d’origine germanique (« Imbrand »), Néhou est formé d’un nom d’homme celtique (irlandais, breton) porté par un scandinave et de la terminaison « hou » signifiant hauteur en vieux saxon, Quénanville dériverait peut-être de « Cen­nan » ou « Kennan », connaître en anglo-saxon ou en germanique ancien, Pont-le-Hot évoque une nouvelle fois une « hauteur » ou un « escarpement » en vieil anglo-saxon.

Ces différents hameaux témoignent en tout cas d’une démographie dynamique. Sous l’An­cien Régime, Gatteville est un village très peuplé. En 1722 et 1765, la paroisse compte 210 feux soit 1 050 habitants si l’on applique un cœfficient minimum de 5 individus par feu. En 1795, la population s’élève à 1 281 habitants. Elle atteint son point culminant en 1831 avec 1 308 habitants. Depuis, la commune a lentement décliné avec 875 habitants en 1889 et seulement 566 de nos jours soit une densité de 58 habitants au kilomètre carré ce qui est peu par rapport à la moyenne nationale (144 habitants au kilomètre car­ré). Comme partout, cette baisse de la population est la conséquence de l’exode rural et de la disparition (programmée) des agriculteurs.

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