PATRIMOINE NORMAND

Le manoir d’Argentelles sauvé de la ruine

Ce charmant édifice du XVe siècle se trouve dans la commune de Villebadin, aux confins du pays d’Auge, à 15 kilomètres à l’Est d’Argentan. Il doit son aspect actuel à un rêve d’enfant réalisé dans l’âge mur par le Comte Robert du Mesnil du Buisson : restaurer et redonner vie au manoir d’Argentelles. En 1960, l’édifice était dans un état de délabrement grave et con­damné à une mort certaine.

Manoir d’Argentelles, vue d’ensemble, en 1991. Le colombier est caché dans la verdure, sur la motte féodale. (Photo Jeannine Rouch © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 15 avril 2026 à 16:57 Par
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Historique

À l’époque mérovingienne, Ar­gentelles fut un poste de défense avancé de la place forte d’Exmes. On peut encore voir la motte féodale entourée de dou­ves et la tour convertie en colombier. Le seigneur d’Argentelles dépendait de la Châtellenie d’Exmes, « devait fournir vingt jours de garde en temps de guerre »1. Il relevait directement du Duc de Normandie puis, du roi de France ou son représentant. Le constructeur du manoir actuel fut Guillaume ou Guyot d’Ouilly, seigneur d’Ar­gentelles cité en 1405 ou 1413.

Pendant la guerre de Cent Ans, la seigneurie fut confisquée au profit d’officiers anglais. Le roi d’Angleterre la donna en 1418 à Roland Leyntall, seigneur d’Herford, en Angleterre et à son épouse, Marguerite d’Arundel. Ce Leyndall, devenu gouverneur d’Exmes pour le roi d’Angleterre, fut disgracié en 1420 et le manoir passa à un autre An­glais, Jehan Lanrok (1420 – 1437).

Photo du Manoir d'Argentelles. Façade principale, en 1996.

Manoir d’Argentelles. Façade principale, en 1996. (Photo Jeannine Rouch © Patrimoine Normand)

En 1449, après la libération de la Normandie par le duc d’Alençon, le domaine revint aux descendants de Guillot d’Ouilly, Richard d’Escalles (1449 – 1477) et ses descendants directs jusqu’à Maurice d’Escalles qui ne laissait que cinq filles, toutes mariées qui se partagèrent sa succession en 1561.

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Notes

  1. Albert Chollet, in Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, Volume 12, p.108, 1893.
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