PATRIMOINE NORMAND

Pays d’Auge : le cheval autrement

En pays d’Auge, une nouvelle approche de l’équitation s’impose peu à peu. Fondée sur l’éthologie, cette méthode privilégie la compréhension du comportement du cheval et une relation fondée sur la confiance plutôt que sur la contrainte. À Firfol, des professionnels s’attachent à transmettre cette vision renouvelée du lien entre l’homme et l’animal.

Photo de la sortie de la harde d'Irish Cobs.

À Firfol, dans le pays d’Auge. Sortie de la harde d’Irish Cobs dans la brume du petit matin. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

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La sortie en 1998 du film de Robert Redford « L’hom­me qui murmurait à l’oreil­le des chevaux », trois ans après la parution du roman éponyme de Nicholas Evans, a fait connaître les chuchoteurs dans une Europe éques­tre façonnée par François Robichon de La Guérinière, le Cadre Noir de Saumur et l’École de Vienne. De­puis, beaucoup de cavaliers s’intéressent à l’éthologie, cette science du comportement qui tend à rapprocher l’homme de la nature profonde des animaux. Terre de cheval, la Normandie ne pouvait demeurer longtemps imperméable à ce mouvement qui remet en cause certaines idées reçues. À Firfol, en pays d’Auge, Laure Bousquet et Arnaud Macé mettent en pratique et font con­naître leur expérience en la matière.

Arnaud et Mistral évoluent au cœur de la carrière de sable. Le Quarter-Horse alezan trotte, galope, volte autour de l’homme qui lui parle, bouge son corps et ses bras, avance et recule com­me dans une danse rituelle à la signification incompréhensible au profane. Sur son appel, le cheval démarre à la vitesse d’une flèche en direction d’Ar­naud. S’il poursuivait sa course à cette allure, ce dernier serait heurté, renversé, piétiné. Mais non : parvenu à deux mètres de sa cible, l’animal brise son élan, freine de ses quatre pieds déferrés, et vient enfin poser son chanfrein contre le visage du maître qui le récompense d’une carotte. Un jeu ? Oui, sans doute, mais un jeu aux règles très strictes, parfaitement rodé, où le moindre écart pourrait se révéler lourd de conséquences, quand l’un des partenaires pèse plus de 550 kilos ! En fait, ce manège spectaculaire est le résultat de longs mois d’apprentissage, et surtout de connivence.

Photo de Arnaud Macé, à la croupe de son cheval Mistral

Arnaud Macé, l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux. Caresser la croupe en se plaçant derrière les postérieurs : un pari dangereux pour tous les gens de cheval ; le fruit d’une totale confiance établie à l’Académie d’Enseignement Comportemental de Firfol. (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)

Car l’homme et le cheval se connaissent depuis cinq ans, l’âge de Mistral. Ainsi s’ex­plique en apparence la parfaite harmonie qui règne entre eux. En apparence seulement, car s’il suffisait qu’un poulain naisse et vive auprès de son maître pour en devenir le parfait complice, il y aurait sur Terre beaucoup de Mistral ! La clé de cette entente porte un nom : l’éthologie.

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