Château de Tancarville
Balade mélancolique
Inexpugnable du haut de la falaise, le château de Tancarville, toujours aussi fier malgré les outrages du temps et les malversations des hommes, domine depuis des siècles la vallée de la Seine. Que d’histoires, que de transformations au cours de toutes les périodes plus ou moins troublées qu’il a traversées, ayant connu successivement le règne des ducs de Normandie, l’occupation anglaise, la guerre de Cent Ans, les guerres de religion, la soumission enfin au drapeau à fleur de lys, le saccage des révolutionnaires, puis l’abandon, la ruine ! Il aura tout vu, tout subi, ce château prestigieux que la végétation étouffe progressivement. Et voilà qu’on lui prépare une nouvelle destinée. De quoi faire trembler ses vieilles murailles démantelées…
La cour du château de Tancarville et vue sur la tour de l’Aigle. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)
Ce qui caractérise cet ensemble fortifié, typique de l’architecture militaire moyenâgeuse, c’est son extrême diversité au milieu de laquelle, au cours de la visite, on se sent comme transporté hors du temps, à différents âges. Et l’on imagine sans peine la vaste cour actuellement gazonnée remplie de paysans de la région, de manants, de soldats et de chevaliers en armures. On croit même percevoir une intense activité et quelquefois entendre le cliquetis des armes et les sabots des chevaux sur la place empierrée. Par-delà la large terrasse triangulaire, la vallée de la Seine s’étend à perte de vue, là où jadis le large fleuve venait lécher les pieds de la falaise.
Tancarville : des noms illustres
Site stratégique de première importance du haut de son promontoire, ce château a connu d’illustres propriétaires, de brillants attelages et de suites royales. D’abord lors de ses murailles d’origine au XIe siècle avec Raoul, chambellan de duc de Normandie qui était ni plus ni moins que le gouverneur du jeune Guillaume, le futur Conquérant, roi d’Angleterre, puis de père en fils tous les chambellans des ducs de Normandie : les Raoul, Guillaume de Tancarville, Rabel, Robert, et ceux de la maison de Melun quand Jeanne de Tancarville, unique héritière, épousa en 1316 Jean de Melun, dont le fils Jean devait devenir comte de Tancarville.
La tour Coquesart. (Photo Alexandre Vernon © Patrimoine Normand)
En 1417, le château passa aux mains des Harcourt par le mariage de la comtesse Marguerite de Tancarville avec Jacques de Harcourt, toujours fidèle au roi de France, et en particulier au roi Charles VII qui, après avoir chassé les Anglais de France, vint fêter sa victoire au château de Tancarville en l’hiver 1450 en compagnie de la belle Agnès, juste avant son départ pour l’abbaye de Jumièges. La fleur de lis de sang royal devait bientôt briller sur les murs de Tancarville. Jeanne de Harcourt peu avant sa mort avait légué le domaine des Tancarville à François d’Orléans Ier, fils du comte de Dunois, son neveu.
Accédez à l’article complet et plus encore
Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°50 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.
Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.
