Patrimoine Normand

L’inscription romaine de Teurthéville-Bocage

À Teurthéville-Bocage, la découverte tardive d’une inscription romaine réemployée dans les murs d’une chapelle médiévale éclaire d’un jour nouveau l’occupation antique du territoire des Unelles. Malgré son caractère lacunaire, ce vestige exceptionnel suggère l’existence d’un monument d’importance et renforce l’hypothèse d’une agglomération secondaire aujourd’hui disparue.

L’inscription romaine de Teurthéville-Bocage, bloc antique remployé dans la chapelle du prieuré de Barnavast. (© Pascal Vipard)

L’inscription romaine de Teurthéville-Bocage, bloc antique remployé dans la chapelle du prieuré de Barnavast. (© Pascal Vipard)

Mis à jour le 29 avril 2026 à 20:13 Par
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La récente émergence de vestiges épigraphiques romains dans la Manche, et en particulier sur le territoire des Unelles, dont le territoire correspond aux trois-quarts nord du département, présente des particularités. Les supports y sont en effet connus depuis longtemps, mais la prise en considération des textes qu’ils portent et leur déchiffrement sont très récents. Si l’on excepte le faux manifeste que constitue l’inscription de Tamerville (CIL XIII, 3156=3157), conservée au musée de Cherbourg1, un premier texte a été reconnu et étudié en 1986 par deux chercheurs travaillant parallèlement2, alors que son support, la borne milliaire de Sainte-Mère-Église, avait, elle, été identifiée dès 1863 par Arcisse de Caumont. La découverte d’une nouvelle, et donc seconde, inscription romaine, aussi lacunaire soit-elle, est un événement suffisamment rare et digne d’intérêt pour qu’on la signale.

Comme le premier texte, celui-ci présente la particularité d’être visible depuis très longtemps mais de n’avoir été identifié que très tardivement. Le bloc a en effet été réutilisé au XIIIe siècle ou lors de l’une des restaurations d’époque moderne dans la partie inférieure de l’angle nord du mur de la chapelle de l’ancien prieuré de Barnavast (propriété privée). Son identification est due à Fr. Scuvée qui en mentionne allusivement l’existence en 19793 et une première étude sommaire en avait été faite en 1987 dans un travail universitaire resté inédit4.

La Manche à l’époque romaine. (© Pascal Vipard)

La Manche à l’époque romaine. (© Pascal Vipard)

C’est à l’occasion d’un vaste travail de prospection thématique mené sous la direction de Laurence Jeanne sur le territoire de Montaigu-la-Brisette et des communes adjacentes dans le but d’identifier la nature des nombreux vestiges archéologiques qui en parsèment le sous-sol que le texte a été retrouvé en 2002 et a pu être « autopsié » en juin 2003.

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Notes

      1. Outre des anomalies de gravures et une abréviation inhabituelle, le nom du dédicant, C. Hortensius Metellus, est visiblement forgé à partir de ceux de deux très célèbres gentes romaines d’époque républicaine.
      2. Ce texte dont la fin, seule conservée, mentionne la ville de Crouciatonnum (sans doute Saint-Côme-du-Mont), a été publié par G. Walser, Corpus inscriptionum latinarum, XVII, 2 : Militaria prouinciarum Narbonensis Galliarum Germaniarum, Berlin – New York, 1986, n° 460 et par P. Vipard, Le milliaire de Sainte-Mère-Eglise et le problème de la localisation de Crouciatonnum, Annales de Normandie, juillet-octobre, 3-4, 1990, p. 247-262 (d’après la maîtrise de 1985-1987 citée à la note 4 ; = Année Epigraphique, 1990, 722).
      3. F. Scuvée, Communication de trouvailles diverses, Littus, 25-26, mars-juillet 1979, p. 25.
      4. P. Vipart, Epigraphie gallo-romaine de la Lyonnaise Seconde, mémoire de maîtrise d’Histoire sous la direction du prof. Fr. Hinard, 3 vol. dactyl., Université de Caen, 1987, vol. I, p. 266, texte n° 125 et vol. 3, photo (d’après une lettre de Fr. Scuvée du 9 décembre 1985 à l’auteur) ; L. Jeanne, Les occupations du Nord-Cotentin. L’occupation antique de Montaigu-la-Brisette (50, Manche), D.F.S., décembre 2002, p. 61-62 et fig. 97-102.
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