Patrimoine Normand

La fabuleuse histoire du château de Damigny

Vous êtes nombreux à nous demander des informations sur le « château de Damigny », où votre magazine a été créé. Il est donc temps de vous faire découvrir la riche histoire de ces lieux.

Photo du château de Damigny

La fabuleuse histoire du château de Damigny – de Bayeux et Nonant à Carentan, Saint-Lô et Dampierre. (Photo Georges Bernage © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 30 avril 2026 à 15:33 Par
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Au sud-est de Bayeux et au sud des nouvelles routes qui ont éventré le paysage, le terrain descend vers un havre de verdure, le « bois du château » (bois des Platières, maintenant réserve ornithologique) à une centaine de mètres, à gauche (à l’est), un arboretum planté en avant du site et le superbe tunnel de verdure dans l’axe de l’avenue menant au château. Juste à l’avant l’entrée, contrôlant les approches dont cette avenue et le chemin du Coisel à main gauche, se dresse une rare tour de défense médiévale, avec des embrasures de tir rayonnantes, le plus ancien monument de la commune de Saint-Martin-des-Entrées. Cette tour est flanquée d’un petit bâtiment marqué par un larmier et abritant l’ancien four à pain. C’est là l’un des derniers vestiges de l’ancien château fort de Damigny avec des restes de douves et d’un ancien et rare logis, « logis anglo-normand » dans les anciens communs.

Ainsi, c’était un château fort comme nous l’avions déjà signalé dans le n° 36 de Moyen Âge. Arcisse de Caumont l’avait rappelé dans sa Statistique Monumentale du Calvados (tome II, pages 402 et 403) : « Il y avait sur la paroisse de Nonant, au hameau d’Amigny (le hameau de Damigny a été rattaché à Saint-Martin-des-Entrées en 1790) un vieux château (…) Dans la visite qui fut faite des forteresses du bailliage de Caen en 1372, d’après l’ordre du roi Charles V, le château d’Amigny fut visité, le samedi sixième jour de mars, par les commissaires délégués, ce qui prouve qu’il était, à cette époque, compté parmi les forteresses à la défense desquelles il devait être pourvu. » « Item, ce jour au manoir d’Amigny dont est Pierre du Plessis cappitaine et seigneur lui fut dit que le dit fort fut mis en estat, et temps donnèrent jusques à Pasques, et au giste à Bayeux. » Il est encore question de ce château de Damigny en 1417 après le nouveau débarquement anglais de 1415.

Photo de la tour de défense médiévale du château de Damigny vue depuis le nord.

La tour de défense médiévale du château de Damigny vue depuis le nord. Elle est flanquée, à gauche, de son four à pain, et, à droite, d’un vestige du mur de l’enceinte avancée. Au premier étage, elle est encore munie de trois embrasures de tir pour arquebuses. Au rez-de-chaussée, deux d’en­tre elles ont été bouchées, la troisième a disparu lorsqu’une porte a été malencontreusement percée au XIXe siècle. La base de cette tour est légèrement talutée. On remarque la souche de cheminée pour le four à pain et le chauffage de la salle basse, ancienne salle des gardes. (Photo Georges Bernage © Patrimoine Normand)

Mais, sur place, nous voyons que le site du château actuel est dans une légère dépression, curieux emplacement pour un château fort ! En fait, le château était situé sur une île d’une trentaine de mètres de côté (31 mètres de long sur 29 de large) entourée par une vaste « nappe d’eau » (selon une description de 1773) d’une trentaine de mètres de large. C’était là une excellente protection. La tour subsistante était l’élément essentiel de la défense avancée con­trôlant les approches, l’en­trée et l’accès au pont-levis, situé au nord de l’îlot fortifié. Cette vaste nappe d’eau était alimentée par une source importante. Celle-ci existe toujours, elle a un puissant débit, 12 m3 d’eau à l’heure ! En effet, à une soixantaine de mètres d’altitude, par rapport au plateau partant de la route Bayeux-Caen au nord situé à une altitude supérieure d’une dizaine de mètres, nous sommes donc ici sur la nappe phréatique. Au fond de la douve se trouve la plaque calcaire du Bajocien (nous avons retrouvé de nombreux fossiles au bord de la douve). D’ailleurs, outre la source principale déjà évoquée, plusieurs petites sources sourdent en haut de la douve.

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