Patrimoine Normand

Les rapaces diurnes en hiver

Dans le ciel pâle de l’hiver normand, une silhouette plane au-dessus des champs détrempés. Buse variable, faucon crécerelle ou épervier d’Europe : les rapaces diurnes restent les maîtres des paysages lorsque la nature semble au ralenti. Entre migrations venues du nord, stratégies de chasse et adaptations aux rigueurs de la saison, ces prédateurs ailés offrent un spectacle aussi discret que captivant à qui prend le temps de lever les yeux.

L'épervier d'Europe (Accipiter nisus) est spécialisé dans la capture des petit passereaux...

L’épervier d’Europe (Accipiter nisus) est spécialisé dans la capture des petit passereaux… (© Alexis Lours – Travail personnel – CC BY-SA 4.0 – Wikimedia commons)

Mis à jour le 12 juin 2026 à 10:15 Par
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Saison difficile entre toutes, l’hiver n’en est pas moins intéressante pour l’observation de ces merveilleux oiseaux que sont les rapaces diurnes. Alors qu’une vingtaine d’espèces peut être observée à un moment ou à un autre de l’année en Normandie, une douzaine fréquente notre région en période hivernale. Certaines y sont par ailleurs fort rares et tout à fait irrégulière.

Dans cette catégorie des occasionnels, on trouve le pygargue à queue blanche. Originaire des pays scandinave et orientaux, la France se situe en marge des zones normales d’hivernage, hormis la région Champagne-Ardennes qui en accueille régulièrement une dizaine d’individus. Chez nous, cet énorme rapace de deux mètres d’envergure ne peut être observé qu’à la faveur des hivers rigoureux qui poussent certains de ces oiseaux à migrer plus loin qu’à l’accoutumée jusque dans les baies où ils se nourrissent parmi les multitudes d’oiseaux. Il en est de même de l’aigle royal et du milan royal qui transitent parfois, mais ne restent pas.

L’élanion, l’un des rapaces les plus rares d’Europe, a estivé puis hiberné au marais Vernier durant l’hiver 1994/95. Cet oiseau, d’origine Africaine, mais nicheur en Espagne et au Portugal, fait parfois des incursions en France, et niche même dans le pays Basque depuis plusieurs années. Notre surprise fut totale, lorsqu’un « couple » fut découvert dans la dernière décade du mois d’août 1994. Pensant avoir à faire à des égarés, c’est avec un peu plus d’étonnement que les différents observateurs venus sur le site purent constater que ce couple défendait hardiment son territoire face aux faucons crécerelles et s’accouplait régulièrement.

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