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Les guerres de Religion en Normandie

De 1562 à 1598, le royaume de France est secoué par une série de huit guerres civiles, entrecoupées de périodes de paix précaire établies par une succession d’édits et de traités. Comme toutes les provinces de France, l’ancien duché de Normandie se retrouve largement impliqué dans cette spirale de violence, divisant la société en clans irréconciliables.

Vue anonyme de Rouen au début du XVIIe siècle. La ville demeura un bastion catholique intégriste pratiquement jusqu’à la fin des guerres de Religion.

Vue anonyme de Rouen au début du XVIIe siècle. La ville demeura un bastion catholique intégriste pratiquement jusqu’à la fin des guerres de Religion. (© Rijksmuseum d’Amsterdam)

Mis à jour le 2 juillet 2026 à 21:45 Par
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En 1763, Voltaire publie son Traité sur la tolérance. Cette œuvre majeure vise à réhabiliter la mémoire de Jean Calas (1698-1762), un marchand protestant de Toulouse – soupçonné d’avoir assassiné l’un de ses fils afin d’empêcher sa conversion au catholicisme – injustement condamné à une mort atroce sur la roue. On y lit que la « tolérance n’a jamais excité de guerre civile ; l’intolérance a couvert la terre de carnage ». Si cette maxime peut s’appliquer à bien des conflits sévissant encore de nos jours de par le monde, elle résume en quelques mots seulement le ressort des funestes guerres de Religion.

Naissance et diffusion de la réforme

Au début du XVIe siècle, le théologien germanique Martin Luther (1483-1546) remet en cause les fondements du catholicisme romain. Il dénonce les indulgences papales, procédé qui consiste pour un fidèle à obtenir la rémission de ses péchés moyennant finances, le train de vie du haut clergé, le caractère infaillible de la parole pontificale, les sentences des conciles ecclésiastiques… Sa doctrine repose sur la quête du Salut par la foi seule, l’acceptation de deux sacrements (le baptême et la communion, refusant donc de reconnaître comme tels le mariage ou l’extrême-onction)… Ses thèses sont reprises et amplifiées par le Picard Jean Calvin (1509-1564). De leurs réflexions naît la religion que l’on appelle « réformée », avec à la clef trois Églises distinctes : protestantisme luthérien, protestantisme calviniste et anglicanisme. Malgré quelques divergences, elles ont pour l’essentiel en commun de croire que Dieu seul accorde le Salut, que La Bible est l’unique source de la foi, de refuser le culte marial et celui des saints, de condamner les mœurs de l’Église catholique, de refuser l’autorité romaine… En outre, elles rejettent la transsubstantiation, c’est-à-dire la transformation réelle du pain et du vin en corps et en sang du Christ pendant l’eucharistie, pour y voir un sacrifice offert à Dieu avec une présence symbolique du Christ.

Grâce à l’imprimerie en plein développement, ces thèses se répandent dans toute l’Europe et arrivent précocement en Normandie. Des prédicateurs itinérants sillonnent la province et tentent de convertir les foules. D’autres collent des affiches imprimées, appelées « placards », réfutant tel ou tel aspect du dogme catholique.

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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.

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