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La Côte des Îsles

Entre falaises, havres & dunes

Dans Une vieille maîtresse, Jules Barbey d’Aurevilly écrivait : « Carteret et Jersey se regardent, et de si près qu’on pourrait dire qu’ils se regardent dans le blanc des yeux. D’une rive à l’autre, ils s’apparaissent, vagues ou distincts à l’horizon […] .» La Côte des Îsles offre des paysages littoraux particulièrement originaux et variés, marqués par le vis-à-vis avec les îles Anglo-Normandes.

L’ancienne église Saint-Germain témoigne du riche patrimoine de Carteret dans un cadre naturel remarquable, au sommet des falaises marquant le cap de Carteret.

L’ancienne église Saint-Germain témoigne du riche patrimoine de Carteret dans un cadre naturel remarquable, au sommet des falaises marquant le cap de Carteret. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 2 juillet 2026 à 21:01 Par
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De Barneville-Carteret à Port-Bail-sur-Mer, la façade maritime, façonnée par les éléments, se transforme au gré des tempêtes. Au nord, le cap de Carteret marque la jonction entre la côte des caps de la Hague, caractérisée par une succession de nez reliés par de longues anses, et la côte des havres, longue bande sableuse entrecoupée d’estuaires qui se prolonge jusqu’à Granville. Cette position charnière confère à la Côte des Îsles une exceptionnelle diversité paysagère. Elle alterne entre caps rocheux, falaises schisteuses, massifs dunaires, havres tidaux et marais littoraux, sur une trentaine de kilomètres seulement.

Une géologie particulière

Le cap de Carteret constitue sans doute l’expression la plus spectaculaire de cette géographie. Héritier du vieux socle armoricain, il est formé de schistes cambriens datant d’environ 550 millions d’années. Ces formations appartiennent aux vestiges de la chaîne hercynienne, ancien massif montagneux aujourd’hui arasé par l’érosion. La falaise du cap, les chaos rocheux du nez de Carteret et les têtes de rochers qui émergent à marée basse témoignent encore de cette très ancienne histoire géologique.

Mais ce socle rocheux n’est qu’une composante d’un système littoral plus vaste, dominé par les dynamiques sédimentaires quaternaires. Au fil des oscillations climatiques et des remontées marines postglaciaires, les vents dominants d’ouest ont accumulé d’immenses masses sableuses qui forment aujourd’hui les dunes d’Hatainville, de Lindbergh ou de Saint-Lô-d’Ourville. Ces ensembles dunaires figurent parmi les plus remarquables du littoral normand. Ils protègent les terres basses intérieures tout en constituant des milieux écologiques d’une grande richesse.

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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.

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