Tourisme & Côte des Îsles
Des bains de mer aux congés payés
À la fin du XIXe siècle, avec le développement des bains de mer, la Côte des Isles se tourne vers la villégiature. L’essor touristique contribue alors à transformer en profondeur la côte ouest du Cotentin.
Le phare de Carteret domine la Côte des Îsles. Il offre un point de vue remarquable vers les îles Anglo-Normandes et la longue route des havres au sud. Un musée consacré à la lentille de Fresnel occupe l’ancienne maison du gardien, tandis que la plateforme sommitale est accessible au public et dévoile un panorama à 360° sur le littoral. (© Armel Vrac – Cotentin Unique)
Au début du XIXe siècle, les communes de Portbail, Barneville et Carteret vivent essentiellement de l’agriculture et des ressources maritimes. Les terres cultivables sont limitées ; les mielles restent difficiles à exploiter et servent principalement au pâturage, à la récolte du goémon ou à l’extraction de sable. Cette portion du littoral reste à l’écart des grands itinéraires touristiques qui émergent alors sur les côtes françaises. Seuls les havres de Portbail et de Carteret concentrent l’essentiel de l’activité économique, tournée depuis des siècles vers les îles Anglo-Normandes. En 1836, Victor Hugo raconte dans une lettre : « Je suis arrivé à 9 heures du soir, à une bourgade presque sauvage où je n’ai trouvé qu’une tasse de lait et la mer, si je veux la boire… »
L’invention des bains de mer
Le développement du tourisme balnéaire sur la Côte des Îsles s’inscrit dans un mouvement qui touche l’ensemble des littoraux européens aux XVIIIe et XIXe siècles. Longtemps perçue comme un espace hostile, la mer bénéficie d’un regard nouveau sous l’influence de la médecine. Dès le milieu du XVIIIe siècle, le docteur anglais Richard Russell popularise les vertus thérapeutiques de l’eau de mer. Les bains sont alors prescrits pour traiter les maladies nerveuses, les affections respiratoires, les rhumatismes ou certaines formes de mélancolie. En France, les médecins hygiénistes relayent ces théories et vantent les bienfaits de l’air marin. Sous le Second Empire, l’impératrice Eugénie et les élites contribuent à diffuser cette pratique sur les côtes normandes.
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Cet article est paru dans Patrimoine Normand n°138. Retrouvez-le dans le numéro complet, disponible en version papier ou numérique.
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La Côte des Îsles – Entre falaises, havres & dunes