Patrimoine Normand

Trouville sous les pinceaux de Charles Mozin de 1825 à 1862

Bien avant l’arrivée des Impressionnistes, Charles Mozin révéla Trouville au regard des artistes et des premiers touristes. À travers ses marines, ses scènes portuaires et ses dessins du quotidien des gens de mer, le peintre a fixé avec précision l’âme du vieux port normand et accompagné, malgré lui, la naissance de la célèbre station balnéaire.

Charles Mozin, Le quai de Trouville, 1849

Charles Mozin, Le quai de Trouville, 1849, huile sur toile, 45 x 72 cm. (© Musée de Trouville)

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Charles Mozin qui a tant marqué son époque et ses contemporains est, aujourd’hui, méconnu du grand public. Pourtant, son nom est indissociable de l’histoire de Trouville qui n’a d’ailleurs jamais cessé de lui en être reconnaissante. Ce sont ses dessins et ses toiles qui ont révélé la petite ville aux touristes et amateurs de bains de mer ; et le succès qu’ils ont rencontré à Paris a largement contribué à faire de Trouville la station balnéaire renommée qu’elle est devenue. Quiconque regarde un Mozin se souvient qu’il le connaît tant son œuvre appartient au patrimoine culturel normand. Car l’artiste n’a pas seulement posé son regard ébloui sur les paysages qu’il exprime, il a découvert tout un monde lié à l’activité maritime et l’a transcrit. Lithographies, dessins, croquis, huiles etc. de Mozin sont des témoignages majeurs sur l’évolution sociale et technique du petit port de pêche qu’a été Trouville au XIXe siècle.

L’univers pictural de Charles Mozin

Suivant l’exemple de son maître Xavier Leprince, peintre paysagiste et grand amateur de marines, le jeune Mozin n’a que 19 ans lorsqu’il part à la découverte des côtes normandes. Il descend à l’auberge du Bras d’Or, tenue par la mère Ozerais, à Trouville, et s’attache très vite à ce village de pêcheurs où il trouve son inspiration.

La tour Malakoff, dans le quartier des roches noires, fut construite vers 1855 pour Charles Mozin.

La tour Malakoff, dans le quartier des roches noires, fut construite vers 1855 pour Charles Mozin. (Photo Karine Trotel Costedoat © Patrimoine Normand)

Le jeune artiste s’affirme et se révèle dans l’expression du quotidien des gens de mer dont l’estuaire de la Touques est une source inépuisable. Pêcheuses des bords de l’eau, ramasseurs de tan­gue, matelots, pilotes, haleurs, caboteurs et même contrebandiers sont saisis dans l’instant du croquis. Naïfs et spontanés, les dessins du jeune Mozin placent toujours l’homme ou le bateau au premier plan d’une activité dont le peintre se veut le témoin, et l’œuvre, le témoignage. Avec sa peinture, plus figée que ses dessins, il complète sa vision par une multitude de détails « documentaires » ; les spécialistes n’hésitent pas à parler de « réalismes ethnographiques » et à qualifier de « nature-morte nautique » certaines de ses compositions.

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