Des Normands au secours des Chrétiens d’Espagne
(2e partie)
Au XIIe siècle, des chevaliers normands participent aux grandes offensives menées par les royaumes chrétiens contre Al-Andalus. Aux côtés d’Alphonse le Batailleur, Rotrou du Perche et ses compagnons prennent part à l’immense chevauchée de 1125 à travers le sud de l’Espagne musulmane, l’une des plus audacieuses expéditions militaires du Moyen Âge occidental. Entre croisade, conquêtes, alliances politiques et installation durable de familles normandes en terres ibériques, cette épopée révèle l’importance souvent méconnue de l’engagement normand dans la Reconquista.
Au premier plan : Sceau de Rotrou III du Perche. 1190 (© Archives nationales de France) ; en fond : La cathédrale de Taragonne. Robert Bordet sera comte de Taragonne. (© François-Xavier Verger)
La grande chevauchée au sud de l’Espagne : Al Andalus frappé en plein cœur
Les Normands furent de la grande expédition de 1125, l’une des plus grandes chevauchées du Moyen Age occidental. Selon le chroniqueur arabe Ibn-aç-Caifari, le roi Alphonse le Batailleur aurait été convaincu par des Chrétiens de Grenade que, s’il venait avec une forte armée, les portes de la ville lui seraient ouvertes. Alphonse organisa donc une expédition avec ses alliés habituels, béarnais, navarrais, et bien sûr, le comte du Perche. Orderic Vital, pourtant contemporain de cette épopée, pense que Rotrou n’y était pas. Cependant, il semble confondre plusieurs dates, aussi comme les chroniqueurs espagnols, nous optons pour la présence de Rotrou à cette expédition
Durant quinze mois, les croisés sillonnent les territoires ennemis, forcent des armées supérieures, assiégent des villes pour désorganiser Al Andalous. Presque trente ans après la première croisade, Gaston de Béarn, Rotrou du Perche et probablement d’autres anciens croisés bousculent à nouveau l’ennemi chez lui à des centaines de lieues de leurs bases arrières.
Expédition d’Alphonse Ier et de Gaston de Béarn en Andalousie (1125-1126) (© DAO Patrimoine Normand)
Cette série d’opérations en pays musulmans n’est ni un vrai succès, ni un vrai échec. Si aucune ville protégée par des murailles n’est conquise, le roi d’Aragon ramène d’importants butins et de nombreux mozarabes le rejoignent et colonisent les régions à faible densité de population.
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