Patrimoine Normand

L’architecture normande en Europe : un livre et une exposition

Une très intéressante exposition sur l’architecture normande en Europe a eu lieu à Caen en octobre 2001 et à Rouen en septembre 2002. Un livre, publié sous la direction de Werner Szambien, avec la contribution d’une vingtaine de chercheurs, présente cette « aventure européenne » qui s’est déroulée du XIe au XXe siècle.

Photo de l'église de Thaon.

L’église Saint-Pierre, Thaon (Calvados). Chantier entre les années 1060 et environ 1130. (Photo Rodolphe © Patrimoine Normand)

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Comme le rappelait Mario d’Onofrio : « L’idée de cette exposition est née avant tout d’une double exigence critique : il fallait d’une part éliminer les conceptions erronées qui pèsent sur cet ancien peuple d’origine nordique (Northmen, c’est-à-dire les « hommes du nord ») ; d’autre part, évaluer enfin avec réalisme si les formes de vie et d’art apparues entre 1030 et 1200 sur les terres conquises peuvent être qualifiées génériquement de « normands », ou bien s’il existe un ou plusieurs éléments communs – historiques et catégoriels – rattachant en profondeur ou superficiellement les phénomènes artistiques et socio-culturels propres à chacun des territoires indiqués. Il s’agit en somme d’examiner si une classe politique dominante a réussi à déterminer des thèmes et des éléments structurels qui, au-delà des diversités formelles particulières, rapprochent les expressions artistiques les plus significatives de l’Europe sep­tentrionale et celles des régions les plus méridionales de l’Italie ».

Et comme le rappelait à son tour Jean-Yves Marin, conservateur du Musée de Normandie, lors du colloque qui s’est tenu à Caen en 2001 et dont l’exposition et le livre sont le résultat : « C’est l’un des grands mérites de ce colloque que de proposer une mise en perspective de l’évolution architecturale et artistique de l’Europe normande de la Norvège à Malte ».

Photomontage montrant les analogies entre le campanile du XIIe siècle de Santa Maria dell' Ammiraglio à Palerme (Sicile) et les tours de la trinité de Caen.

Analogies entre le campanile du XIIe siècle de Santa Maria dell’ Ammiraglio à Palerme (Sicile) et les tours de la trinité de Caen. (© Rodolphe Corbin et Gspata – commons.wikimedia.org)

Ainsi, au-delà de la seule Normandie à travers l’Europe, s’est constitué, à partir du XIe siècle et jusqu’au XIIe siècle, ce que Werner Szambien appelle un maillage normand « Dans le cadre d’une Europe qui s’est constituée sur près d’une quinzaine de siècles, les Normands guerriers paradoxaux et grands bâtisseurs, ont joué un rôle majeur. La « normanicité » est appréciée dès le Moyen Âge. Depuis l’Angleterre jusqu’à la Sicile, la diffusion des idées ou stratégies, législatives ou artistiques des Normands devient, à différentes périodes un point de référence crucial. Il s’agit ici, entre autres, de parvenir à une meilleure compréhension de leur rôle, en examinant les terminologies variables appliquées à leurs activités dans les différentes langues européennes. Le but n’est pas tant de présenter un ensemble de bâtiments magnifiques que de mieux révéler les recherches identitaires présentées aussi bien en Angleterre, en France, dans les pays Scandinaves, qu’en Italie du sud ou au Proche-Orient. Au gré des mouvements de l’histoire et du rayonnement géopolitique et culturel du modèle normand, la nature et la force de ce désir d’appartenance à un terreau identitaire commun ont évolué jusqu’à nos jours ».

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