Le cob normand :
renaissance d’une race
L’attelage semble glisser sur l’herbe dense et verte, traverse les portes, serpente entre les cônes, franchit le pont de bois avec une aisance déconcertante. Entre les brancards, les deux cobs se jouent des obstacles, attentifs aux ordres de leur meneur, tendus, efficaces, fidèles à leur race.
Le cob n’est pas en voie de disparition ! (Photo Thierry Georges Leprévost © Patrimoine Normand)
Quelques définitions
Levons d’emblée une ambiguïté. En dépit de son nom à consonance britannique, le Cob est né et a grandi dans les herbages du Cotentin ! Il représente même certainement la plus normande de toutes les races équines.
En Angleterre, le mot cob vient du moyen anglais cobbe, qui désigne un cheval de volée, c’est-à-dire celui que dans un attelage (carrosse, malle-poste) on place devant, entre les brancards. Il s’agit généralement d’un cheval aux jambes courtes, trapu auquel on a enseigné une allure distinguée et un port de tête élégant. Il est fort apte à entraîner les autres par son allant, son souffle, sa régularité. C’est ce qu’on nomme en France un bidet, parfois monté par un cavalier (le postillon de la malle-poste). En 1909, séduit par le cheval cotentinais qui rassemblait toutes ces qualités, le directeur du haras de Saint-Lô, M. Bellamy, touché par l’anglomanie à la mode, donne le nom de cob à ce qu’il était alors d’usage d’appeler carrossier normand, ou, plus simplement encore : le Normand ! En vérité, il s’agit d’un carrossier multifonctions ! En Cotentin, on le voit aussi bien aux champs pour les semailles ou la moisson, qu’entre les brancards de la carriole sur la route du marché ou sur celle de l’église le dimanche matin. Quand on ne le dételle pas pour le monter, voire lui faire passer des barres, comme aux temps héroïques des concours ruraux, à Sainte-Mère-Église ou ailleurs !1
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Notes
- Franchissement du pont de bois.
