Noms de famille normands : un « Le » bien normand

(suite et fin)

Du « Levasseur » au « Loisel », les noms de famille normands conservent la trace vivante des anciens parlers régionaux. Issus de l’ancien français, du normand, du latin ou encore du scandinave, ces patronymes témoignent d’une langue profondément enracinée dans le territoire, entre métiers, surnoms et paysages, et constituent une mémoire précieuse de l’identité normande.

Blason de Normandie.

Blason Normandie. (Jacques Rivière-Le-Maistre enlumineur-héraldiste © Patrimoine Normand.)

Mis à jour le 4 mai 2026 à 15:33

Leteurtre signifie « le tourtre », le « tourtereau ». Teurtre, tourtre ou tortre viennent du latin turtureum et désignaient le mâle de la tourterelle (qui vient du latin tur­turella). Bien plus, tourterelle, diminutif, aurait évincé tourtre. Ainsi Rutebeuf écrivait : « Tu iez…/Aube qui le jor nos amainne,/Tortre qui ses amors ne mue… » (II, 13). Plus tard, Clément Marot écrira dans ses Bucoliques (III, 8) : « Mais ce pendant la palombe enrouée,/La tourtre aussi de chasteté louée… » Notons aussi que la colombe (du latin colomba) avait aussi son mâle : le colomb ou coulon (du latin columbus).

Létorey signifie « le pourvu », « le gratifié ». Ce terme est formé à partir du participe passé du verbe ancien estorer, conservé dans les parlers normands, qui vient du latin staurare signifiant munir, pourvoir.

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