Claude Du Vall
Le bandit normand qui sut charmer l’Angleterre
Au XVIIe siècle, un jeune normand intrépide, Claude Du Vall – que l’on écrit parfois Duval – partit en Angleterre pour y chercher l’aventure. Devenu bandit de grand chemin, détrousseur des riches et ardent séducteur, il fit chavirer les cœurs des dames de la bonne société par son audace et son charme. Voici le destin incroyable de l’élégant voleur dont la hardiesse fit une véritable légende.
Claude Du Vall séduisant une victime sur la route. D’après un tableau anglais du XIXe siècle. (© Manchester Art Gallery)
Pour le royaume de France, l’an 1643 marqua de grands bouleversements : Louis XIII rendit son âme à Dieu, laissant le trône à son fils, un petit garçon qui n’avait pas encore cinq ans et qui deviendrait le Roi-Soleil. La régence fut aussitôt assurée par sa mère, Anne d’Autriche. L’effrayante guerre de Trente Ans, qui avait commencé dès 1618 et dans laquelle la France s’était engagée en 1635, faisait toujours rage, avec son cortège d’horreurs et de massacres. Dans nombre de provinces, la famine était endémique, et des foyers de peste surgissaient ça et là. En Normandie, l’épidémie avait duré près de vingt ans, depuis qu’elle était apparue à Bayeux en 1619. Et puis il y avait eu la violente révolte des Nu-Pieds1, motivée par une injuste augmentation de l’impôt sur le sel, réprimée avec la plus grande cruauté par le colonel Jean de Gassion, qui massacra les habitants d’Avranches et fit longuement torturer les meneurs en place publique à Caen et à Rouen.
Pendant ce temps-là vivait dans la bourgade de Domfront un couple bien paisible, honnête et de bonne réputation : Pierre Du Vall et son épouse, Marguerite de la Roche. Pierre était meunier. Marguerite, fille d’un tailleur, s’occupait du foyer et fut bientôt enceinte. Un moment vint où la jeune femme fut saisie d’irrépressibles envies : elle ne rêvait que de pudding et de tartelettes fourrées de fruits secs et d’épices, des spécialités typiquement britanniques ! Alors Pierre s’en fut jusqu’à Rouen – toute une expédition – pour satisfaire sa bien-aimée et acheter ces fameux mets chez un marchand anglais qui avait pignon sur rue. Et en cette année 1643 leur naquit un fils dodu et en bonne santé, qu’ils prénommèrent Claude. Des décennies plus tard, à la veillée, les vieillards se souvenaient encore de cet épisode, et racontaient que les envies bizarres de Marguerite avaient été bien prémonitoires….
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