Dans les pas de Néandertal
Les premiers hommes en Normandie
On a longtemps pris l’homme de Néandertal pour un raté de l’évolution. Au pire comme une brute épaisse dépourvue de langage et de culture, au mieux comme une espèce inférieure vouée à l’échec : n’a-t-il pas été remplacé par l’homme de Cro-Magnon, le fameux homo sapiens dont nous sommes encore les géniaux représentants ?! L’exposition en cours au musée de Normandie fait justice de ces préjugés, et présente l’état de nos connaissances sur homo neanderthalensis en s’appuyant notamment sur les découvertes réalisées en notre propre terre.
Reconstitution d’un individu de l’espèce neanderthalensis ; Empreinte rarissime d’un pas de Néandertalien, au Rozel (Manche), vers 110 000 ans. Laissée par l’un de nos ancêtres ? Cette découverte faite en 2012 est à l’origine de l’exposition, qui s’appuie essentiellement sur les vestiges normands. (Photos Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)
Des caractéristiques spécifiques archaïques
Son nom lui est donné en 1856, lors de la découverte près de Düsseldorf d’un squelette dans une grotte de la vallée de Neander (neandertal en allemand). On ne lui attache aucune importance pendant un demi-siècle, d’éminents « spécialistes » prétendant que ces restes sont ceux d’un homme malade, d’une époque indéterminée, mais sûrement pas préhistorique ! C’est là sans doute l’origine du malentendu qui a fait de lui un incompris. Jusqu’à ce qu’on le rapproche d’un crâne mis au jour dès 1848 dans une carrière de Gibraltar. Pourtant, son nom lui est resté en dépit du peu de cas qu’on en faisait ; malgré l’antériorité de cette découverte, il n’y aura pas d’homme de Gibraltar.
Depuis, l’Europe entière a livré des vestiges de cet être qui constitue une espèce humaine à part entière. L’homme de Néandertal est fortement musclé. Il a le crâne plus long que large (il est dolichocéphale), une protubérance occipitale prononcée, le menton effacé et un bourrelet osseux au-dessus des orbites oculaires, mais son volume crânien ne diffère pas du nôtre. Ses bras sont proportionnellement plus longs, ce qui ne signifie pas qu’il marchait en s’appuyant sur les mains à la manière d’un singe. Successeur d’homo erectus, il se tient debout sur ses jambes.
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