PATRIMOINE NORMAND

Le Cotentin avant les Romains

De 300 000 à 30 avant notre ère

Le musée Thomas-Henry à Cherbourg-en-Cotentin met l’archéologie à l’honneur grâce à deux expositions qui se succéderont de 2022 à 2024 : ArchéoCotentin 1 et 2. La première, qui avait pour ambition de faire découvrir une large période, de la Préhistoire au début de l’Antiquité, soit 300 000 ans d’histoire tout de même, vient de s’achever en mars de cette année. Ce sont désormais les périodes les plus récentes, de l’Antiquité à la fin du Moyen Âge, qui font l’objet d’une présentation au public. Ces deux manifestations sont l’occasion de faire découvrir, dans ces quelques lignes de Patrimoine Normand, un premier bilan de cette archéologie de la Préhistoire et de la Protohistoire du Cotentin.

Chantier de fouilles sur le site néandertalien du Rozel. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Chantier de fouilles sur le site néandertalien du Rozel. (Photo Rodolphe Corbin © Patrimoine Normand)

Mis à jour le 3 novembre 2025 à 19:31 Par
Partager :

Les premiers hommes du Cotentin

Dans le Cotentin, les périodes très anciennes ne sont actuellement illustrées que par quelques vestiges mis au jour depuis les années 2000 : un éclat de confection de biface à Gatteville-le-Phare, quelques éclats et galets aménagés à Barneville, et des éclats et un biface au Rozel. Ces vestiges datent entre 337 et 300 000 ans. Ces pierres taillées ont pu être fabriquées par Homo heidelbergensis (comme l’Homme de Tautavel), ou par les Néandertaliens anciens. Ces premiers peuplements correspondent à des épisodes climatiques tempérés et boréaux. En effet, durant les maxima glaciaires, les humains sont allés vers le sud en suivant les ressources, les troupeaux d’herbivores. Rappelons que l’homme est alors un prédateur, chasseur, cueilleur-collecteur. L’acquisition des matières premières carnées s’effectue tantôt par la chasse, tantôt par le « charognage actif », les hommes récupérant ce qui est encore comestible sur des carcasses animales, soit mortes naturellement, soit liées à la chasse de grands prédateurs (canidés, félidés, ursidés, hyénidés).

Aussi, les espèces animales présentes dans les environnements sont fonction des conditions paléoclimatiques, la période du Quaternaire étant rythmée par une succession de phases tempérées (les interglaciaires) et de phases froides à très rigoureuses (les périodes glaciaires). Cela se traduit par de profonds changements de physionomie des lieux, le niveau marin se trouvant à des altitudes plus élevées qu’actuellement en période interglaciaire et affichant une régression de 100 à 120 m en période glaciaire. Durant les maxima glaciaires, la Manche n’est plus qu’un collecteur d’eau douce alimenté par les fleuves côtiers, dont la Meuse, la Seine, le Solent et la Tamise. Les îles britanniques sont alors reliées au continent européen, favorisant le passage des animaux et des humains sur des « ponts » de glace.

Il vous reste 92 % de l’article à lire.

Accédez à l’article complet et plus encore

Pour lire cet article publié dans Patrimoine Normand n°126 en intégralité, vous pouvez acheter le numéro en version papier ou numérique.

Abonnement : en vous abonnant, vous recevrez les prochains numéros en version papier directement chez vous.

NOS DERNIÈRES PARUTIONS